jeudi 12 novembre 2009

Les Oeuvres de Clément Marot. - Edition Georges Guiffrey. 1876-1931 - 5 volumes brochés. Papier de Chine (1/25). Rarissime.




MAROT (Clément) EDITION GEORGES GUIFFREY (poursuivie par Jean Plattard).

ŒUVRES DE CLÉMENT MAROT. Édition Georges Guiffrey, mise au jour d'après les papiers posthumes de l'éditeur avec des commentaires et des notes par Robert Yve-Plessis. Tomes I à V (complet), parus comme suit :

Tome I : Paris, Librairie de l'Art français, Jean Schemit, Libraire, 1911. Contient la vie de Clément Marot. Exemplaire imprimé sur papier de Chine, non coupé. Vendu 100 fr. le volume à l'époque.

Tome II : Paris, Imprimerie Jules Claye, A. Quantin, successeur, 1876 (achevé d'imprimer le 16 décembre 1875). Exemplaire imprimé sur papier de Chine, non coupé. Vendu 100 fr. le volume à l'époque. Contient les Opuscules.

Tome III : Paris, Damascène Morgand et Charles Fatout, libraires, 1881 (achevé d'imprimer le 8 février 1881). Exemplaire imprimé sur papier de Chine, non coupé. Vendu 100 fr. le volume à l'époque. Contient les Épîtres.

Tome IV : Paris, Jean Schemit, libraire, 1930 (achevé d'imprimer le 30 décembre 1929). Exemplaire imprime sur papier de Chine, non coupé. Contient les Épigrammes, Étrennes, Épitaphes, Cimetières, Complaintes, Oraisons.

Tome V : Paris, Jean Schemit, libraire, 1931 (achevé d'imprimer le 30 novembre 1931). Exemplaire imprime sur papier de Chine, non coupé. Contient les Elégies, les Ballades, les Chants divers, Rondeaux, Chansons, Pseaumes, Œuvres posthumes, Œuvres inédites.


Ensemble 5 volumes petits in-4 (env. 27 x 20 et 25 x 18 cm selon les volumes), brochés, couvertures imprimées. Exceptionnel ensemble complet de tous les volumes parus sur près de 55 ans, tous imprimés sur papier de Chine (tirage à 25 exemplaires seulement sur ce papier d'après Vicaire et le détail du tirage imprimé en quatrième de couverture des volumes - avec 500 ex. sur Hollande/Arches, 25 ex. sur Whatman/papier vélin à la cuve). Quelques rousseurs sur les tranches et à quelques feuillets, insignifiant. Exemplaire à l'état de neuf encore recouvert de ses délicates couvertures de papier cristal, intactes. Nombreux bois gravés pris des éditions anciennes reproduits dans le texte.


Référence : Vicaire V, 541 (pour les tomes II et III, seuls volumes parus à l'époque).

Magistrale édition dont la publication des 5 tomes demanda cinquante-cinq ans. Véritable monument d'érudition littéraire, linguistique et historique.

UN DES 25 PREMIERS EXEMPLAIRES SUR CHINE.

Les trois premiers volumes parus avant 1914 ont été publiés au prix très élevé de 100 fr. le volume sur Chine.

Exemplaire acheté en février 1960 à la librairie Auguste Blaizot par un amateur resté anonyme mais qui a glissé la notice de la célèbre librairie dans son exemplaire. Vendu 200 NF en 1960.

SUPERBE EXEMPLAIRE.

Prix : 2.000 euros

Gastronomie : La physiologie du goût de Brillat-Savarin illustrée par Bertall (1848). Rare reliure éditeur signée LENEGRE, plaque de Haarhaus.




BRILLAT-SAVARIN (Jean Anthelme) / BERTALL (illustrateur)

PHYSIOLOGIE DU GOÛT PAR BRILLAT-SAVARIN, illustrée par Bertall précédée d'une notice biographique par Alp. Karr. Dessins à part du texte, gravés sur acier par Ch. Geoffroy, gravures sur bois, intercalées dans le texte, par Midderigh.

Gabriel de Gonet, éditeur, rue des Beaux-Arts, 6. [Paris, 1848]. Paris, typographie de A. Lacour.

1 volume in-8 (23,5 x 15,5 cm) de (4)-XXIII-416 pages. Titre orné d'une grande vignette gravée sur bois. Portrait de l'auteur et 7 gravures sur acier tirées sur chine appliqué.


Reliure percaline noire décorée de fers spéciaux (reliure éditeur de l'époque). Plats estampés d'un encadrement à froid, grande plaque dorée centrale titrée et gravée par Haarhaus sur le plat supérieur, dos orné en long de fers orientalistes et rocaille, plat inférieur décoré d'un fer doré spécial (bouteille, couteau, décor de feuillages). Quelques usures à la reliure, mors partiellement fendus, coiffes usées, petite usure aux coins, dos passé, garde et doublure de papier jaune glacé, charnières intérieures en parfait état, reliure solide et décorative. Intérieur en bon état avec les inévitables rousseurs habituelles, plus ou moins fortes selon les cahiers. Complet.


PREMIER TIRAGE DES SAVOUREUX DESSINS DE BERTALL.

La Physiologie du Goût, ou Méditations de Gastronomie Transcendante ; ouvrage théorique, historique et à l’ordre du jour, dédié aux Gastronomes parisiens, par un Professeur, membre de plusieurs sociétés littéraires et savantes, a paru pour la première fois au début de 1826 en 2 volumes in-8, non illustrés. Le livre connut un succès immédiat, suscita l'enthousiasme de Balzac mais aussi la jalousie de certains comme Carême et le mépris de Baudelaire. Brillat-Savarin voulait faire de l'art culinaire une véritable science d'où un certain pédantisme dans les explications. Il se livre à une analyse très poussée de la mécanique du goût. Il discourt sur la maigreur et l'obésité, sur l'influence de la diète sur le repos, le jeûne, l'épuisement et la mort. Il traite son sujet comme une science exacte, en remontant des effets aux causes. Mais il est aussi un conteur aux innombrables anecdotes, un défenseur de la gourmandise, au style élégant et non dépourvu d'humour. Les meilleures pages de la physiologie du goût concernent les observations de Brillat-Savarin sur certains aliments et préparations : le pot-au-feu et le bouilli, la volaille et le gibier, les truffes, le sucre, le café et le chocolat. Le 2 février 1826, il n’y avait que quelques mois que La Physiologie du Goût avait paru lorsque le célèbre gastronome, ayant pris froid dans les caveaux de Saint-Denis, à la cérémonie expiatoire en l’honneur de Louis XVI à laquelle il assistait en qualité de conseiller à la Cour de cassation, fut emporté par une pneumonie.

Référence : Vicaire I, 927-928. Exemplaire avec le défaut de tirage aux pages préliminaires indiquant un tout premier tirage. Ouvrage coté en reliure décorée de l'éditeur (plusieurs notes de libraires au crayon sur les gardes - prix marqués).


BON EXEMPLAIRE EN RELIURE ÉDITEUR DE LENEGRE, DE CET OUVRAGE RECHERCHÉ.

Prix : 900 euros

vendredi 6 novembre 2009

Critique de De L'Esprit d'Helvétius par Gin. Exemplaire aux armes du comte de Provence, Louis Stanislas Xavier, comte de Provence (Louis XVIII).




GIN (Pierre-Louis-Claude)

DE LA RELIGION, PAR UN HOMME DU MONDE. Contenant UNE RÉFUTATION SOMMAIRE DU LIVRE DE L'ESPRIT, DE M. HELVETIUS ; un EXAMEN DU SYSTÈME DE M. DE BUFFON, dont les tomes IX & X de ses suppléments, intitulés des Epoques de la Nature ; avec deux discours intéressants. TOME CINQUIÈME & DERNIER.

A Paris, chez Moutard, imprimeur-libraire de la Reine, 1780.

1 volume in-8 (20,5 x 13 cm) de VII-114-(2)-116 pages.

Reliure plein maroquin rouge de l'époque, dos à nerfs orné de fleurettes dorées, triple-filet doré en encadrement des plats, armes au centre des plats, tranches dorées, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, gardes et doublure de papier marbré. Pièce de titre et pièce de tomaison (tome V) en maroquin vert. Reliure en excellent état, quelques piqures sombres sans gravité. Intérieur très frais.

ÉDITION ORIGINALE.

Il s'agit du cinquième et dernier volume de l'ouvrage "De la religion par un homme du monde" publié en deux fois, les quatre premiers volumes ayant paru en 1778-1779 avec pour suite au titre : "où l'on examine les différents systèmes des Sages de notre siècle, et l'on démontre la liaison des principes du Christianisme avec les maximes fondamentales de la tranquillité des Etats." Ce cinquième volume, paru en 1780, contient une réfutation de l'ouvrage de M. Helvétius "De l'Esprit" ainsi qu'une critique des "Époques de la nature" de Buffon. On trouve relié à la suite deux autres ouvrages qui ne sont pas annoncés sur le titre : "Eloge de Monseigneur le Dauphin, père de Louis XVI" (avec des notes) et "Les effets de l'amour du bien public dans l'homme d'état, considérés dans la vie de Siger, abbé de S. Denis, ministre et régent du royaume, sous les règnes de Louis VI, et de Louis VII, dit le jeune." (avec des notes). On rencontre d'ailleurs souvent les quatre premiers volumes seuls de cet ouvrage. La tomaison V au dos de ce volume implique que la série des cinq volume était bien complète. Les quatre premiers volumes sont aujourd'hui vraisemblablement dispersés (voir provenance ci-dessous).

EXEMPLAIRE AUX ARMES DE LOUIS STANISLAS XAVIER DE FRANCE, COMTE DE PROVENCE, PLUS TARD LOUIS XVIII.

Provenance : Exemplaire aux armes de Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence (1755-1824). Référence OHR, pl. 2548, fer n°7. Notre exemplaire est celui cité par OHR qui indique ce fer poussé sur "De la religion", Paris, Moutard, 1779, sans autre indication de nombre de volumes ou de reliure ? (Sans doute OHR indique-t-il par là la série complète des 5 volumes ? Quoi qu'il en soit il se pourrait qu'au moment où OHR décrit cet exemplaire, les volumes avaient déjà été dispersés, sans cela sans doute n'aurait-il pas manqué de préciser comme pour d'autres exemplaires : "5 vol.". Une note au crayon au contre-plat de la reliure de notre exemplaire indique : "aux armes du comte de Provence, bibliothèque du château de Brunoy."

Référence : Barbier, IV, 283 qui signale un 5e vol., le tome 4 comporte cependant la mention «tome 4 et dernier». "Gin a combattu les doctrines des philosophes et défendu le principe de la monarchie contre les publicistes de son temps." (Pierre Larousse).

SUPERBE VOLUME, COMPLET EN LUI-MÊME, DONT LA PRESTIGIEUSE PROVENANCE ET LE SUPERBE ÉTAT DE CONSERVATION DÉFENDENT A TOUT JAMAIS QU'ON LE TRAITE COMME UN VULGAIRE DÉPAREILLÉ.

PRÉCIEUX TÉMOIGNAGE HISTORIQUE DES LECTURES PIEUSES ET ANTI-MATÉRIALISTES D'UN PRINCE DE SANG.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE.

VENDU

Le conservateur de la vue de Chevallier (1820). Exemplaire dans son cartonnage de l'époque aux armes de Louis-Antoine d'Artois, duc d'Angoulême.




CHEVALLIER (Ingénieur - Jean-Gabriel-Auguste)

LE CONSERVATEUR DE LA VUE, SUIVI DU MANUEL DE L'INGÉNIEUR-OPTICIEN. Quatrième édition, revue, et presque totalement refondue, enrichie d'un frontispice et de douze planches en taille-douce. Par l'ingénieur Chevallier, opticien breveté du roi et des princes, ingénieur des pages de la chambre de sa majesté, du garde-meuble de la couronne ; membre de la société royale académique des sciences de Paris, de l'Athénée des arts ; correspondant des académies et sociétés savantes de Bordeaux, Nantes, Rouen, Metz, Douai, Boulogne-sur-mer, Evreux, Mâcon, le Mans, Meaux, Limoges, etc.


A Paris, chez l'auteur et chez Madame Huzard, novembre 1820.

1 volume in-8 (22 x 14 cm) de XVI-514 pages et 1 feuillet d'errata. 12 planches dépliantes reliées in fine (instruments, lunettes, optique, etc.).

Reliure plein cartonnage papier bleu nuit à l'imitation du maroquin à grain long, dos lisse orné de faux nerfs, roulettes dorées, fleurs de lis, roulette de fleurs de lis en encadrement des plats, armes princières (voir ci-dessous) au centre des plats. Exemplaire dans son cartonnage d'attente de l'époque, relié aux armes, non rogné, en grande partie non coupé. Quelques mouillures claires en marge de quelques feuillets. Très frais. Coins légèrement frottés. On croit distinguer quelques traces de recoloration du cartonnage.


NOUVELLE ÉDITION EN GRANDE PARTIE ORIGINALE.

Ouvrage rare publié à compte d'auteur.

Chevallier (1778-1848) était ingénieur-opticien du Prince de Condé et faisait partie d'une célèbre famille d'opticiens établis à Paris depuis 1765. Louis-Vincent Chevallier résidait sur le quai de l'Horloge à Paris. L'auteur de cet ouvrage, connu sous le nom d'Ingénieur-Chevallier ouvrit une boutique à l'angle de Pont-Neuf. On lui doit de nombreuses inventions et perfectionnements dans la fabrication d'une grande variété d'instruments d'optique. L'ouvrage contient en outre un vocabulaire d'optique, et une description des instruments d'optique et des instruments de Dioptrique. L'auteur y étudie les maladies de l'oeil, les corrections à apporter pour améliorer la vue, les lois de l'optique, le choix des verres, des montures, etc. Les belles planches gravées montrent des instruments, des lunettes, un microscope, etc. Le volume s'ouvre avec un très joli titre-frontispice gravé d'après Moreau le Jeune. Il sort des presses de Madame Huzard.



Louis-Antoine d'Artois duc d'Angoulême (1775-1844)

Cette photographie de gravure ancienne ne fait pas partie de l'ouvrage proposé à la vente,
elle sert uniquement à illustrer cette notice.



Provenance : Exemplaire aux armes de Louis-Antoine d'Artois, duc d'Angoulême (de France, à la bordure crénelée de gueules). OHR, pl. 2252, variante des fers n°1 et 2. Louis-Antoine d'Artois, duc d'Angoulême (1775-1884) fut nommé colonel général des cuirassiers et dragons et grand amiral de France. Il était le fils ainé de Charles-Philippe, comte d'Artois, plus tard Charles X, et de Marie-Thérèse de Savoie. Il se maria avec Marie-Thérèse de France, sa cousine, fille de Louis XVI. Le couple n'eut pas de descendance, néanmoins une relation extra-conjugale avec une noble d'origine basque lui donna un fils, Louis-Ferdinand de Bourbon, dont la descendance émigra en Argentine où la branche existe toujours. Louis-Antoine d'Artois sera brièvement Louis XIX (roi de France non proclamé) pendant quelques vingt minutes, après l'abdication de son père, Charles X, le 2 août 1830. C'est le règne le plus court de l'histoire de la monarchie française. Il finit sa vie en exil à Göritz en Autriche où il mourut en 1844. Provenance des plus rares et des plus prestigieuses.

Référence : Wellcome II, 338.

BEL EXEMPLAIRE D'UN LIVRE ESTIMÉ ET RECHERCHÉ, ICI DANS SON FRAGILE CARTONNAGE AUX ARMES DE LOUIS-ANTOINE D'ARTOIS, DUC D'ANGOULÊME, GRAND AMIRAL DE FRANCE, FILS DE CHARLES X.

CONDITION RARISSIME POUR CET OUVRAGE. IL S'AGIT TRÈS PROBABLEMENT D'UN EXEMPLAIRE DE PRÉSENT.

Prix : 2.500 euros

mercredi 28 octobre 2009

Des lettres de cachet et des prisons d'Etat par Mirabeau. Edition originale de 1782.




[MIRABEAU (Honoré Gabriel Riqueti, marquis de)]

DES LETTRES DE CACHET ET DES PRISONS D'ÉTAT. Ouvrage posthume, composé en 1778.

A Hambourg [i.e. chez Fauche à Neuchâtel], s.n., 1782.

2 parties en 1 volume in-8 (20 x 13 cm) de XIV-(2)-366-(2) et 237 pages.

Reliure pleine basane fauve marbrée à l'acide, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, gardes peigne, tranches rouges (reliure de l'époque). Reliure et intérieur très frais. Extrémité des coins habilement restaurée, petit frottement/épidermure au bas du dos sans gravité. Le nom de Mirabeau a été ajouté à la plume par une main de l'époque sur le premier titre.


ÉDITION ORIGINALE.

Le marquis de Mirabeau eut beaucoup à voir avec les lettres de cachet puisque c'est son propre père, qui par deux fois, en usa contre lui. C'est donc au donjon de Vincennes où il fut emprisonné de 1777 à 1780 qu'il écrivit ce violent libelle en faveur de la liberté et contre les emprisonnements arbitraires.

" (...) Un des principaux objets de l'association est d'empêcher que ce sentiment, qui porte chacun à multiplier ses jouissances, ne dégénère en cupidité ; que l'inégalité naturelle ou accidentelle, qui donne à quelques-uns des facilités refusées aux autres, ne devienne oppressive. (...) C'est aux princes, c'est à leurs ministres, c'est aux conquérans, c'est aux persécuteurs, aux despotes, qu'il faudrait désirer la ferme et sincère croyance d'une autre vie, et d'un Être tout puissant, juge suprême de leur conduite, vengeur inexorable des attentats publics, plus encore que des crimes particuliers, qui leur demandera un compte rigoureux de l'usage qu'ils auront fait de leur autorité et de leur puissance. Peut-être cette opinion remuerait-elle le cœur des grands, inaccessible aux remords, mais ouvert à la crainte. Malheureusement pour les hommes, ceux qui ont le pouvoir de faire de grands maux ne redoutent aucun jugement." Mirabeau, Des lettres de cachet etc., Extrait du chapitre III.

On lit dans de nombreuses notices bibliographiques que la deuxième partie est plus rare que la première car il fut demandé à la Prusse d'en saisir le manuscrit et de brûler les exemplaires. Pourtant cette deuxième partie semble presque toujours avoir été reliée en même temps que la première, ce qui est le cas de notre exemplaire.

BEL EXEMPLAIRE EN RELIURE DE L'ÉPOQUE.

Prix : 1.000 euros

mardi 27 octobre 2009

Le sacre et couronnement de Louis XIV, roi de France et de Navarre dans l'Eglise de Reims en 1654. Rare exemplaire en maroquin de l'époque (1720).




ANONYME [et SIMON LE GRAS]

LE SACRE ET COURONNEMENT DE LOUIS XIV. ROY DE NAVARRE, dans l'Église de Reims, le septième juin 1654. Où toutes les cérémonies, séances des cardinaux, prélats, officiers de la couronne et autres, avec leurs fonctions, sont fidèlement décrites.

A Paris, chez Jean-Michel Garnier, imprimeur-libraire, 1720 [i.e. 1717].

1 volume petit in-8 (16,5 x 10 cm) de (4)-159-(11)-44-(8)-25-(3) pages. Frontispice gravé à l'eau-forte d'après Duflos (Louis XIV enfant en train d'être sacré roi par deux anges).

Reliure plein maroquin rouge, dos à nerfs orné, filet doré en encadrement des plats et sur les coupes, doublures et gardes de soie bleue moirée, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, tranches dorées sur marbrure (reliure de l'époque). Reliure fraîche avec les coins légèrement retouchés, quelques éraflures sans gravité, une piqure de vers au bas du dos à peine visible. Intérieur frais avec quelques légères salissures sur le titre. Exemplaire entièrement réglé en rouge.


NOUVELLE ÉDITION.

Il s'agit de la réimpression des trois opuscules déjà publiés en 1655, 1694 et 1695. Outre la cérémonie du sacre, on trouve en effet relié à la suite le Procès-verbal du sacre par Simon Le Gras et la Protestation des prévôts, doyens, ..., de l'église Notre-Dame de Reims.


Simon Le Gras (1656-1685), Evêque de Soissons, est le prélat désigné pour sacrer le jeune Louis alors âgé de cinq ans. Ce sacre se déroule dans un contexte houleux au sein de l’Eglise de France. L'Évêché de Reims, alors seule entité religieuse à pouvoir sacrer les Rois de France, est vacante. Le Chapitre de Reims voit en ce sacre, exécuté par un Évêque de Soissons, une usurpation à leur privilège unique de sacrer les Rois de France depuis Clovis par Saint Rémi, et certainement la crainte de voir ce dit privilège accordé à l’avenir à l'Évêché de Soissons.

Il semblerait que l'édition de 1717 (Paris, Chardon) et celle de 1720 ne soient qu'une seule et même édition, le titre de l'édition de 1720 étant un carton, il a très certainement été substitué au titre daté 1717. Il s'agirait alors d'une remise en vente. Les collations non détaillées dans le CCfr des quelques exemplaires conservés dans les fonds publics ne nous permettent pas d'en être certain, n'ayant pu avoir un exemplaire de 1717 en mains. D'après Brunet l'édition de 1717 contient les même opuscules que celle datée 1720. Par ailleurs, on lit dans l'extrait du privilège qu'il a été donné au sieur Jean-Michel Garnier en date du 29 décembre 1716.

Ouvrage assez rare, exceptionnellement présenté ici dans son maroquin rouge de l'époque bien conservé. La librairie Auguste Fontaine est la seule à notre connaissance à avoir catalogué un exemplaire de cet ouvrage relié en maroquin de l'époque. Catalogue de la librairie Auguste Fontaine, année 1874, n°2186, exemplaire du premier tirage de 1717, en maroquin rouge aux armes du Chancelier d'Aguesseau, coté 300 francs or. Un exemplaire en maroquin rouge du tirage de 1717 faisait partie de la collection de M. de La Bedollière (n°2413 de la vente à Paris, Potier, 1862).

BEL EXEMPLAIRE DE CE LIVRE DE CÉRÉMONIES, TRÈS RARE EN MAROQUIN DE L'ÉPOQUE ENTIÈREMENT RÉGLÉ EN ROUGE.

Prix : 2.000 euros

lundi 26 octobre 2009

Les Lettres sur la religion et la métaphysique de Fénelon. Edition originale en reliure de l'époque. 1718. Superbe exemplaire.




FÉNELON (François Salignac de La Mothe-Fénelon, dit)

LETTRES SUR DIVERS SUJETS CONCERNANT LA RELIGION ET LA MÉTAPHYSIQUE. Par feu Messire François de Salignac de La Motte Fenelon, précepteur de Messeigneurs les enfans de France, et depuis archevêque duc de Cambray, prince du Saint Empire, etc.

A Paris, chez Jacques Estienne, 1718. De l'imprimerie de la Veuve d'Antoine Lambin.

1 volume in-12 (17 x 10 cm) de (24)-278 pages.

Reliure plein veau fauve, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, roulette dorée sur les coupes, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge, gardes marbrées (reliure de l'époque). Exemplaire parfaitement conservé, d'une très grande fraîcheur de reliure et intérieure.


ÉDITION ORIGINALE POSTHUME.

Cet ouvrages posthume, publié par les soins du marquis de Fénelon, neveu du grand prélat, est composé de cinq longues lettres. La préface est de Ramsay et l'ouvrage est dédicacé à Monseigneur le duc d'Orléans, régent.

Voici l'intitulé de ces cinq lettres : lettre sur l'existence de Dieu, sur le culte digne de lui, et sur la véritable Eglise - Preuve des trois principaux points nécessaires au salut, pour soumettre au joug de la foi, sans discussion, les esprits simples et ignorans - lettre sur le culte de Dieu, l'immortalité de l'âme et le libre-arbitre - lettre sur la divinité et sur la religion - lettre sur l'idée de l'infini et sur la liberté de Dieu de créer ou ne pas créer.

La quatrième lettre contient des "réflexions d'un homme qui examine en lui-même ce qu'il doit croire de la religion". Je n'ai pu m'empêcher de reproduire ici le début de ces réflexions :

"Je suis en ce monde, sans savoir ni d'où je viens, ni comment je me trouve ici, ni où est-ce que je vais. Certains hommes parlent de plusieurs choses, et me les proposent comme indubitables, mais je suis résolu d'en douter, et même de les rejeter, à moins que je ne voie qu'elles méritent ma croyance. Le véritable usage de la raison qui est en moi, est de ne rien croire, sans savoir pourquoi je le crois, et sans être déterminé à m'y rendre sur un signe certain de vérité. D'autres hommes voudraient que je commençasse par le mépris de toutes ces choses qu'on appelle mystères de la Religion ; mais je n'ai garde de les rejeter, sans les avoir auparavant bien examinés. Il y a autant de légèreté et de faiblesse d'esprit à être incrédule et opiniâtre, qu'à être crédule et superstitieux. Je cherche le milieu. Je sens que ma raison est bien faible, et ma volonté bien opposée aux pièges de l'orgueil et des passions, pour pouvoir trouver ce milieu précis, et pour y demeurer toujours ferme, quand je l'aurai trouvé (...)"

Référence : Tchémerzine V, 227. Bulletin de la librairie Morgand, un ex. relié en maroquin de Trautz-Bauzonnet au XIXe siècle, de la bibliothèque Quentin-Bauchart, coté 250 francs or (n° 6710). Brunet dans on Manuel cite quelques exemplaires cotés.


Provenance : De la bibliothèque de Rodolphe (Rodulphi) de Lamberville, avec son grand ex libris armorié gravé à l'eau-forte qui recouvre l'intégralité du premier contreplat (nom ajouté à la plume dans la tablette, en partie basse de l'ex libris). Ex libris du XVIIIe siècle. La famille Heuste de Lamberville est originaire de Normandie. Cet ex libris serait celui de Suzanne Heusté ou Heuté, femme d’un seigneur de Moges (Prévost, nobiliaire de Normandie). Pour Heuste de Lamberville, voir Arnaud, Rép. de généalogies françaises imprimées, tome 2). Informations fournies par Jacques Laget via le blog de l'AFCEL (Association Française pour la Connaissance des Ex Libris).

TRÈS BEL EXEMPLAIRE PARFAITEMENT CONSERVÉ DANS SA RELIURE EN VEAU DE L'ÉPOQUE.

Prix : 1.000 euros

vendredi 23 octobre 2009

De la tolérance des religions par Leibniz, 1692.




Gottfried Wilhelm LEIBNIZ et Paul PELLISSON-FONTANIER.

DE LA TOLÉRANCE DES RELIGIONS, LETTRES DE M. LEIBNIZ, ET RÉPONSES DE M. PELLISSON.

A Paris, chez Jean Anisson, directeur de l'imprimerie royale, 1692.

1 volume in-12 (16,5 x 10 cm) de (8)-147-(2)-185 pages.

Reliure plein veau brun. Reliure de l'époque usagée aux coiffes et aux mors (mors partiellement fendus avec manque de cuir, coins émoussés, extrémité des coiffes usée). Intérieur frais. Complet.

ÉDITION EN GRANDE PARTIE ORIGINALE.

Bien qu'il s'agisse ici de la seule édition complète en volume, une partie des lettres de Leibniz sur ce sujet a déjà paru dans la quatrième partie des Réflexions de Pellisson en 1691, au format in-4 (22 pages), chez la veuve de Gabriel Martin avec privilège de M. Pirot de la Sorbonne (13 septembre 1691). On trouve ici en plus d'autres lettres de Leibniz, les réponses de Pelisson et d'importantes additions qui occupent plus de la moitié du volume.

Leibniz, protestant luthérien, immense savant, philosophe rationaliste, cherche ici un accord entre les grandes religions et entre les princes d’Europe. Leibniz cherche la conciliation avec l’Église romaine, alors que Bayle la combat inlassablement. Bayle, de son côté, défend la tolérance comme moyen pour réconcilier les diverses factions du royaume de France. On sent dans cet écrit de Leibniz toute l'influence que Pascal aura sur toute son œuvre philosophique et scientifique.

Paul Pellison nous dit Voltaire était « un poète médiocre, à la vérité, mais homme très savant et très éloquent. » Les protestants ont prétendu qu'il était mort avec indifférence ; les catholiques ont soutenu le contraire, et tous sont convenus qu'il mourut sans sacrements, le 7 février 1693.

BON EXEMPLAIRE DE CET IMPORTANT OUVRAGE DE LEIBNIZ.

Prix : 1.000 euros

mercredi 21 octobre 2009

La Maison Académique des Jeux (1654). Très rare première édition. Le premier livre français a donner les règles des jeux de cartes.




D.L.M. [M. LOUIS DE LA MARINIÈRE]

LA MAISON ACADÉMIQUE contenant un recueil général de tous les jeux divertissans pour se réjouyr agréablement dans les bonnes compagnies. Par le Sieur D. L. M.

A Paris, chez Robert De Nain, marchand libraire et chez Marin Leche', imprimeur ordinaire de Monseigneur le Duc d'Anjou, 1654. Achevé d'imprimé le 31 mai 1654.

1 volume in-12 (14,5 x 9 cm) de (8)-236-(4) pages.

Reliure plein parchemin de l'époque. Trace de titre à la plume au dos. Quelques taches claires sur les plats, belle patine. Intérieur frais nonobstant une mouillure claire sur le cinq premiers feuillets (peu visible et absolument sans gravité pour le papier). Impression sur papier de bonne qualité, pratiquement sans rousseurs.


ÉDITION ORIGINALE RARISSIME.

L'exemplaire de la BNF possède un frontispice gravé qui n'a pas été relié dans notre exemplaire, dès l'origine (aucune trace d'arrachage). Le privilège annonce d'ailleurs des figures en taille-douce qui n'ont jamais été faites.

"L’épître dédicatoire à Monsieur signée "le sieur D. L. M." désigne le sieur de La Marinière. Sans doute inspiré par La Maison de Jeux, un recueil de jeux de conversation publié en 1642 par Charles Sorel, La Maison académique est le tout premier livre imprimé rassemblant des jeux variés. On y trouve le piquet, le hoc, le trictrac, le billard, la paume, le jeu de l’oie, la chouette, le renard et les poules, la chance des amoureux, les quatre fins de l’homme, les quatre parties du monde, ainsi que "les jeux académiques, qui se jouent en Italie", d’après la traduction française des jeux d’Innocenzo Ringhieri. La deuxième édition, parue en 1659 chez Étienne Loyson, se trouve augmentée de près de douze jeux de cartes contemporains, alors que les "jeux académiques" italiens sont abandonnés. Dans l’édition de 1665, également publiée chez Loyson, le titre devient La Maison des jeux académiques." (notice de l'exposition de la BNF : Jeux de Princes jeux de vilains, 2009).

Référence : "Jouer autrefois: essai sur le jeu dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècle)" Par Élisabeth Belmas, p. 167 et suivantes.

Localisation : Très peu d'exemplaires localisés dans les fonds publics français (Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris et Châlons en Champagne).


OUVRAGE FONDAMENTAL ET FONDATEUR DANS L'HISTOIRE DES "ACADÉMIES DES JEUX" DONT LES MULTIPLES ÉDITIONS SE SUCCÈDERONT PENDANT PLUSIEURS SIÈCLES AVEC SUCCÈS.

BEL EXEMPLAIRE, TRÈS PUR, DANS SA PREMIÈRE RELIURE EN PARCHEMIN. RELI
É DES L'ORIGINE SANS LE FRONTISPICE GRAVÉ QUE L'ON RENCONTRE PARFOIS.

Prix : 1.500 euros

mardi 20 octobre 2009

André Gide. L'école des femmes. Exemplaire Jean Tannery relié en maroquin citron.




André GIDE

L'ÉCOLE DES FEMMES.

nrf. Paris, Librairie Gallimard, éditions de la Nouvelle Revue Française, s.d. (1929). Achevé d'imprimer le 16 avril 1929 par F. Paillart à Abbeville (Somme).

1 volume in-12 (17 x 11,5 cm) de 171 pages et 2 feuillets non chiffrés.

Reliure plein maroquin citron à grain long, dos ornés de filets dorés en encadrement des caissons, auteur, titre et millésime dorés, tête dorée, large doublure de maroquin en encadrement intérieur des plats, sertie d'un jeu de quatre filets dorés parallèle, doublure et garde de papier décoré, non rogné, les couvertures originales et le dos du brochage ont été conservés (reliure de l'époque). La reliure n'est pas signée mais de très belle facture.


EDITION ORIGINALE.

Un des 547 exemplaires hors commerce sur papier de Hollande (avec 1.235 exemplaires numéroté sur divers papier constituant l'EO).

Gide commença la rédaction de L'École des Femmes en 1927 ; il y abordait la question conjugale à un moment où lui-même rencontrait de graves difficultés personnelles. Jouhandeau disait à Gide au sujet de ce livre que "l'importance des questions [qu'il pose] m'intéresse moins que le ton que vous avez choisi d'y avoir."

Provenance : Exemplaire de la bibliothèque Jean Tannery avec son ex libris gravé et imprimé en deux couleurs, célèbre bibliophile dont la bibliothèque fut vendue à la fin des années 50.


BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 600 euros

lundi 19 octobre 2009

Mme de Lafayette. La princesse de Monpensier (1674). Très rare seconde édition originale.




MADAME DE LAFAYETTE (Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de Lafayette, dite)

LA PRINCESSE DE MONPENSIER.

A Paris, chez Charles Osmont, 1674.

1 volume in-12 (15 x 9 cm - Hauteur : 145 mm) de 4 feuillets non chiffrés et 143 pages chiffrées. Fleuron en forme de corbeille de fleurs sur le titre.

Reliure plein veau brun usagée (mors, coins, coiffes usés). Reliure néanmoins solide. Intérieur avec quelques rousseurs et salissures. Petits trous dans le dernier feuillet dont deux atteignent quelques caractères mais sans empêcher la lecture. Les gardes blanches manquent. Ex libris manuscrit daté de 1693 sur le titre. Condition modeste.

SECONDE ÉDITION ORIGINALE.

Le volume s'ouvre sur un avis du libraire au lecteur que nous reproduisons ici :

"Le respect que l'on doit à l'illustre nom qui est à la teste de ce Livre, & la considération que l'on doit avoir pour les éminentes personnes qui sont descendues de ceux qui l'ont porté, m'oblige de dire, pour ne pas manquer envers les uns ni les autres en donnant cette histoire au public, qu'elle n'a esté tirée d'aucun Manuscrit qui nous soit demeuré du temps des personnes dont elle parle. L'Autheur ayant voulu pour son divertissement escrire des avantures inventées à plaisir, a jugé plus à propos de prendre des nom connus dans nos Histoires, que de se servir de ceux que l'on trouve dans les Romans, croiant bien que la reputation de Madame de Monpensier ne seroit pas blessée par un récit effectivement fabuleux. S'il n'est pas de ce sentiment, j'y supplée par cet avertissement: qui sera aussi avantageux à l'Autheur, que respectueux pour moy envers les Morts qui y sont interessez, & envers les Vivans qui pourroient y prendre part."

Cet avis avait déjà été publié dans la première édition parue en 1662 chez De Sercy, Jolly, Billaine et Courbé. Il est assez curieux de remarquer que cette édition de Paris a été publiée sans extrait de privilège ou approbation quelconque. Peut-être était-elle encore sous les droits du privilège de la première édition de 1662, Osmont ne figurant pourtant pas dans la liste des libraires associés au privilège.

Longtemps La princesse de Monpensier a passé pour une simple ébauche de la Princesse de Clèves publiée en 1678 mais ce petit roman a un mérite à part dans l'œuvre de Mme de Lafayette et dans l'histoire de la littérature romanesque de la fin du XVIIe siècle. Mme de Lafayette choisit ses héros parmi des êtres qui ont vécu et marque une intention de lier étroitement son intrigue aux circonstances historiques d'une époque déterminée : le règne troublé de Charles IX. L'histoire n'est plus une simple toile de fond (comme chez Segrais). C'est elle qui permet à l'action de progresser.

L'édition originale de 1662 est devenue pratiquement introuvable, ainsi que les quelques contrefaçons et rééditions anciennes qui semblent exister (Lyon, 1679).

« Sa simplicité réelle est dans sa conception de l’amour ; pour Mme de La Fayette, l’amour est un péril. C’est son postulat. Et ce qu’on sent dans tout son livre (la Princesse de Clèves) comme d’ailleurs dans la Princesse de Montpensier, ou la comtesse de Tende, c’est une constante méfiance envers l’amour (ce qui est le contraire de l’indifférence). » Albert Camus, Carnets (1964).

Localisation : éd. Osmont, 1674 (Bib. Ste-Geneviève, Paris et BNF, Paris). L'édition de 1662 se trouve quant à elle à la BNF (plusieurs exemplaires), à Versailles, et Bourg-en-Bresse.

Référence : Rochebilière p. 381, n°717. René Godenne, Histoire de la nouvelle française au XVIIe et XVIIIe siècle, Genève, Droz, 1970, p. 69.

MODESTE EXEMPLAIRE, COMPLET, DE CETTE TRÈS RARE ÉDITION.

Prix : 1.500 euros

vendredi 16 octobre 2009

Joseph Priestley. Première émission de la traduction française des Expériences et observations sur différentes espèces d'air (1775).




Joseph PRIESTLEY [Traduction française par M. GIBELIN]

EXPÉRIENCES ET OBSERVATIONS SUR DIFFÉRENTES ESPÈCES D'AIR. Traduites de l'anglois de M. J. Priestley, Docteur en Droit, Membre de la Société Royale de Londres.

A Berlin. Et se trouve à Paris chez Saillant & Nyon, libraires, 1775.

1 volume in-12 (17 x 10 cm) de XXXVI-434 pages, 1 feuillet de "corrections et additions", et 2 planches dépliantes in fine.

Reliure plein veau fauve marbré, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches marbrées (reliure de l'époque). Quelques frottements et usures sur les coupes, le dernier feuillet de garde blanche et le dernier feuillet de papier marbré son détachés, le dernier feuillet de texte imprimé (pp. 433/434) a été relié légèrement de travers, sans atteinte au texte, quelques plis, déchirures et salissures sans gravité (aucune atteinte au texte). Intérieur frais.


ÉDITION ORIGINALE DU PREMIER VOLUME DE LA TRADUCTION FRANÇAISE DE CET IMPORTANT OUVRAGE DU CÉLÈBRE CHIMISTE ANGLAIS. PREMIER ÉTAT DU TITRE A LA DATE DE 1775. RARE.

M. Gibelin, traducteur, indique dans son avertissement qu'il a "eu l'avantage de voir M. Priestley à Paris, où il est passé le mois d'octobre 1774, et de soumettre (sa) traduction à son jugement. Son approbation (le) met à l'abri du seul reproche auquel (il) aurait pu être sensible, celui d'infidélité." M. Priestley avait dans le même temps, promis de lui envoyer de Londres quelques nouvelles observations qu'il se proposait de présenter à la Société Royale. M. Gibelin indique qu'il les traduira si son ouvrage est bien reçu du public, etc."

L'ouvrage de M. Priestley Experiments and observations on different kinds of air, a paru dans le courant de l'année 1774, au moment de cette première traduction, Gibelin ne pouvait avoir connaissance des volumes suivants sur le même sujet par Priestley puisque celui-ci ne les avait pas encore publiés. Les autres volumes paraitront l'adresse de Nyon l'ainé entre 1777 et 1780 (5 volumes). Lorsque Gibelin donnera les volumes suivants en 1777, ce premier volume sera réutilisé avec un nouveau titre de relais avec la date de 1777 et le nom du traducteur en toutes lettres, qui ne se trouve pas ici.

Les deux planches dépliantes montrent des instruments et l'intérieur du laboratoire de Priestley. L'ouvrage se décompose en deux parties et un appendice.

Le volume, relié à l'époque, ne comporte pas de tomaison au dos, indiquant bien ainsi que le volume n'avait, au moment de l'impression, pas de suite prévue ou en cours d'impression. Condition rare pour cet ouvrage qui se trouve toujours rassemblé aux volumes parus ultérieurement dans une reliure uniforme.

Provenance : fonds des frères Périsse, imprimeurs-libraires à Lyon, avec leur étiquette (1778). Signature de l'époque de M. Motte (?), avec cote de bibliothèque.

TRÈS BON EXEMPLAIRE. PREMIÈRE ÉMISSION FORT RARE.

Prix : 1.000 euros

vendredi 11 septembre 2009

Venise, Jean Le Rouge, 1519 : Les Lettres de Pline le Jeune. Reliure anglaise de l'époque estampée à froid.





PLINE LE JEUNE [Caius Plinius Caecilius Secundus]

C. PLI. CAECILIJ IUNIORIS NOVOCOMENSIS PLINIJ SECUNDI VERONENSIS NEPOTIS LIBRI EPISTOLARUM NOVEM ADDITO NUNC ET DECIMO CUM PANEGYRICO. I. ORATIONE DE LAUDIBUS TRAIANI IMPERATORIS. UNA CUM LUCULENTISSIMA IOANNIS MARIAE CATANEI EXPOSITIONE HIS OMNIBUS LIBRIS ADIUNCTA FELICI SYDERE INCIPIUNT : QUAM DILIGENTISSIME NUPER RECOGNITI FIDELITERQUE IMPRESSI. [Venetiis : per Ioannem Rubeum Vercellensem, 1519 die XV Decembris].

A Venise, Jean Le Rouge, 1519. [Venetiis : per Ioannem Rubeum Vercellensem, 1519 die XV Decembris).


1 volume in-folio (32 x 22,5 cm) de (4)-CCXLVII feuillets, sans le dernier feuillet blanc. Le verso du dernier feuillet imprimé est blanc. Nombreuses lettrines gravées sur bois (15 x 15 mm ; 25 x 25 mm ; 50 x 45 mm ; 85 x 75 mm pour la grande vignette répétée sur le titre et en en-tête de chaque livre). Titre dans un joli encadrement fait de quatre bois gravés du plus pur style Renaissance.

Reliure plein veau fauve décoré d’un jeu de roulettes à froid entrecroisées formant rectangle central sur les plats, l’intérieur de rectangle délimité par les roulettes perpendiculaires est orné de fers végétaux agencés en losanges, dos à double nerfs. Reliure anciennement restaurée de la plus belle façon, gardes de parchemin insérées, le dos d’origine a été parfaitement replacé. Reliure très décorative avec de minimes traces d’usages (rayures et infimes frottements). Voir les reproductions ci-dessous. Intérieur frais, à noter seulement la marge extérieur des premiers et derniers feuillets fragile avec quelques effrangements, sans atteinte au texte. Exemplaire grand de marges (témoins à certains feuillets), n’ayant pas été rogné de nouveau lors de la restauration de la reliure (tranches teintées d’origine). Reliure anglaise de l’époque (voir ci-dessous).

NOUVELLE ÉDITION DES LETTRES DE PLINE LE JEUNE ET DU PANÉGYRIQUE DE TRAJAN.

Cette édition reproduit l’édition de Milan, 1506 (Mediol. Apud Alexandrum Minutianum) qui donnait pour la première fois les commentaires de Cataneo. Une autre impression de ces commentaires a été donnée en 1510 à Venise. Une autre encore de Milan, 1518 (Legnano).


Jolie édition en caractère romain. Le commentaire de Cataneo est disposé tout autour du texte des lettres de Pline imprimées en plus gros caractères. Le titre est orné d’une belle vignette gravée sur bois (bois réutilisé du Cicéron, Epist., 1511). Ce bois est répété à chaque début de livre (11 fois).


La Correspondance de Pline (61-114) marque l’avènement d’une prose épistolaire artistique, où l’utilitarisme civique de l’échange familier cède le pas à l’urbanité de la personne littéraire. À en croire l’épistolier, ce raffinement vise à compenser l’absence de matière. Il met en cause le déclin de la République, laquelle fournissait naguère à Cicéron de nombreuses occasions pour écrire. Certes, ses lettres sont adressées pour la plupart à des proches et l’épistolier admet volontiers que « écrire pour un ami n’est pas écrire pour le public » (Correspondance, VI, 17, 22). Mais son œuvre est le théâtre d’une mise en scène rhétorique dans laquelle les destinataires ne font que figurer nominalement. Ils constituent autant de prétextes à l’exercice de style et à l’expression égotiste. Si les lettres écrites à cœur ouvert sont celles dont on garde le meilleur souvenir, le style « rapide et correct » du mode épistolaire n’exclut pas pour autant l’ornement, et l’ancien élève de Quintilien se souvient des leçons de son maître lorsqu’il préconise, plutôt qu’un atticisme d’une simplicité outrée, une éloquence pleine, « serrée et drue, mais en même temps abondante […] divine et céleste » (I, 20, 22) Conformément à un usage déjà ancien, le premier livre s’ouvre sur une lettre dédicace qui sert de préface à l’ensemble. On y apprend que Pline, à l’instigation du destinataire, un certain Septicus, aurait entrepris de publier celles de ses lettres qu’il avait composées avec « un peu plus de soin ». Il affirme ne pas avoir suivi l’ordre chronologique et prétend que leur classement s’est effectué au hasard de celles qui lui sont tombées sous la main. En fait, il s’agissait plutôt pour l’auteur de choisir l’ordre le plus approprié à leur mise en valeur. Car pour « authentiques » qu’elles puissent être (c’est-à-dire qu’elles aient été envoyées ou non), ces lettres sont d’abord des exercices de prose où la forme, par ailleurs fort variée (récit, dissertation, histoire, éloge, etc.), garde toujours préséance sur le fond. La dédicace se termine sur un vœu assorti d’un engagement : « Il reste que nous n’ayons pas à nous repentir, vous de votre conseil et moi de ma docilité. En ce cas, je rechercherai [les lettres qui n’ont pas encore été publiées] et si j’en écris de nouvelles, je ne les laisserai pas se perdre. Adieu » (I, 1, 1-2.). Si l’on se fie au nombre de livres édités par la suite (huit recueils publiés successivement de 97 à 109, auxquels s'ajoute l’édition posthume de sa correspondance officielle avec Trajan), il semble que l’auteur n’ait jamais eu à regretter son initiative. Dans ces 9 livres, on compte 225 lettres au total. Le débat sur l'authenticité de ses lettres continue d'animer la critique moderne. (Wikipedia).


Reliure : Superbe reliure anglaise de l'époque. Reliure similaire au n°417, vente Pierre Bérès V (2005). Ce type de reliure correspond aux reliures anglaises de l’époque (1510-1520), identifiées et classifiées par Oldham, English Blind-stamped Bindings (Cambridge University Press 1952). Il serait tentant d’attribuer cette reliure à tel ou tel relieur de Cambridge ou d’Oxford en tenant compte de la ressemblance de certaines roulettes, mais nous n’avons pu pour le moment déterminer avec certitude le lieu exact de fabrication et l’atelier précis (des recherches sont en cours à ce sujet). Reliure très bien conservée.

Références : Sander, Max. Le Livre a figures italien, depuis 1467 jusqu'à 1530, essai de sa bibliographie et de son histoire, Milan, n°5766 – Essling 2056 – Leighton VI, 4057 - Graesse V, 345 - Étude sur la correspondance de Pline le Jeune avec Trajan, Ladislav Vidman, Rome, 1972. - "Fine and Historic Bookbindings from the Folger Shakespeare Library" (Abrams, NY, 1992) -

Localisation : Toulouse – Orléans – Paris (BNF) – Paris (Mazarine, ex. incomplet du titre). Nombreux exemplaires dans les bibliothèques italiennes d’après le cat. OPAC (Milan, Rome, Bergame, Vatican, Urbino, Subiaco, Turin, etc).


BEL EXEMPLAIRE, RECOUVERT D’UNE ADMIRABLE RELIURE ANGLAISE DE L'ÉPOQUE. TRÈS RARE DANS CETTE CONDITION.

Prix : 5.000 euros

jeudi 10 septembre 2009

Le Chevalier françois (1606) et le Soldat Navarrois (1605). Deux rares pamphlets pour la reconquête de la Navarre, patrimoine légitime de la couronne.




LE CHEVALIER FRANÇOIS. 1606. S.l.n.n. [titre gravé sur bois]. Voir reproduction ci-dessous.

Suivi de :

LE SOLDAT NAVARROIS. S.l.n.d. (1605). [Bois gravé en guise de titre avec un quatrain au bas]. Voir reproduction ci-dessous.


2 ouvrages reliés ensemble en 1 volume in-12 (14,5 x 8 cm) de 1 feuillet de titre (le chevalier françois), 335 pages (fin du chevalier françois) ; 1 feuillet de titre (le soldat navarrois) compris dans la pagination (226 pages et 1 feuillet non chiffré avec un quatrain). Complet.

Reliure plein parchemin de l’époque. Parchemin Sali, taché et froissé, mais néanmoins de bonne tenue. Charnières intérieures faibles/décousues, gardes renouvelées. Tous les feuillets sont présents et bien maintenus ensemble. Le titre du premier ouvrage est empoussiéré avec un petit travail de vers dans la partie basse, loin de la gravure (doublé dans la marge extérieure), les autres feuillets sont en bon état, avec quelques salissures et mouillures claires sans gravité. L’ensemble des deux ouvrage est imprimé sur un assez mauvais papier.


PREMIÈRE (?) ÉDITION POUR CES DEUX TEXTES POLITIQUES RARES.

« Le vendredi 7 mars 1608, on m’a donné, écrit Pierre de l’Estoile, une nouvelle bagatelle imprimée, intitulée le Soldat Navarrois, fadaise regrattée pour tirer argent. »

L’auteur du Soldat Navarrois, Pierre de l’Hostal, propose à Henri IV une stratégie fondée sur la guerre préventive : « Aux ennemys, elle (la France) doibt faire toujours voir ses armes desgaignées. » Il fallait reconquérir la Navarre, patrimoine légitime de la couronne.

Julien Peleus dans le Chevalier françois, placé en tête de ce volume, écrit : « J’ayme la paix comme Chrestien ; mais, comme vray françois et homme d’honneur, j’aime la guerre qui nous donne une paix sans crouste, sans masque, sans fard, et qui de l’Hyver nous mène au printemps. » (p. 221).

A la même époque il y eut toute une série de ce genre d’écrits virulents et politiques, soit pour défendre et soutenir Henri IV, soit au contraire pour le maltraiter. Ces livres ont pour titres : Le Cavalier de Savoye, le Pacifique, le Censeur françois, le Politique françois, le Trompette françois, le Miroir des Alchymistes, etc. Tous ces petits livres publiés clandestinement sont devenus fort rares.


Les deux titres proposés ici, réunis à l’époque dans une même reliure, sont tous deux déclarés rares et curieux par les bibliographes consultés.

Références : Concernant le Chevalier françois : « Ouvrage RARISSIME, avec un curieux frontispice gravé qui manque souvent » (Caillet). Notre édition est en 335 pages et non en 270 comme le décrit Caillet (?), il a dû y avoir plusieurs éditions la même année, toutes aussi rares les unes que les autres. "Singulier mélange de violence, de souvenirs historiques, d'éloges, de la tolérance et du calvinisme, et de vues politiques précises : l'Espagne veut nous brouiller avec l'Angleterre et provoquer en France des mouvements nouveaux, mais avec l'alliance des Suisses, de Florence, Venise, Geneve... le roi est invincible" (Hauser). Voir le Bulletin du Bibliophile, 1913 (380-381) ; Hauser, Sources de l'Histoire de France, 3223.

Pour avoir lu ces deux textes, il apparait qu’il s’agit d’un mélange de harangue politique et de vision extatique à propos des positions de la France à l’égard de la Navarre et des protestants. On y trouve de nombreux passages totalement incompréhensibles voire totalement remplis de « folies ».

BON EXEMPLAIRE. ENSEMBLE RARE EN CONDITION D’ÉPOQUE.

Prix : 2.000 euros

Une des plus belles éditions illustrées des Lettres choisies de la Marquise de Sévigné (1871). Maroquin signé Mame et Fils à Tours.




SÉVIGNÉ (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de)

LETTRES CHOISIES DE MADAME DE SÉVIGNÉ, avec une notice par M. Poujoulat. Eaux-fortes par V. Foulquier.

Tours, Alfred Mame et fils, 1871.

1 volume in-4 (28,5 x 19,5 cm) de XXVI-411 pages. Portrait en pied de la marquise d'après V. Foulquier gravé par Berthiault. 17 Vignettes à l'eau-forte tirées sur Chine mince et contrecollées.

Reliure plein maroquin rouge carmin, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, double-filet doré sur les coupes, dentelle intérieure dorées, tranches dorées sur marbrure (Reliure A. Mame et Fils). Exemplaire en excellent état, reliure fraîche, à noter seulement un petit travail de mite dans la dentelle intérieure du second plat, sans gravité. Intérieur à l'état de neuf.


BELLE ÉDITION ILLUSTRÉE.

EXEMPLAIRE SUR GRAND PAPIER. UN DES 300 EXEMPLAIRES SUR PAPIER VERGÉ (avec 10 chamois, 21 chine et 1 peau de vélin).

Superbe édition illustrée avec talent par V. Foulquier et magnifiquement imprimée par les soins d'Alfred Mame à Tours. La reliure fait partie des reliures de luxe sorties des ateliers d'Alfred Mame à Tours. Elle peut rivaliser par sa qualité d'exécution avec les meilleurs relieurs d'art de l'époque.

SUPERBE EXEMPLAIRE.

Prix : 1.000 euros

mercredi 9 septembre 2009

Les nouvelles lettres de la Marquise de Sévigné (1773), reliées aux armes de Jean-Pierre de Damas (reliure de l'époque).




SEVIGNE (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de)

LETTRES NOUVELLES OU NOUVELLEMENT RECOUVRÉES DE LA MARQUISE DE SÉVIGNÉ, ET DE LA MARQUISE DE SIMIANE, SA PETITE-FILLE. Pour servir de suite aux différentes éditions des Lettres de la Marquise de Sévigné.

A Paris, chez Lacombe, libraire, 1773.

1 volume in-12 (17 x 10 cm) de XII-393-(1) pages. Errata au verso du dernier feuillet.

Reliure plein veau porphyre, dos lisse orné aux petits fers dorés, roulette dorée sur les coupes, gardes de papier marbré (reliure de l'époque). Exemplaire très frais, légers frottements aux mors, coiffe de tête émoussée, intérieur parfait. Armes dorées en queue du dos (voir ci-dessous).


ÉDITION EN PARTIE ORIGINALE.

Ce recueil contient deux parties inédites et une réimpression : 1° les lettres de Mme de Sévigné au Président de Moulceau, et quelques lettres au même de Corbinelli et de Mme de Grignan ; une lettre du marquis de Grignan ; 2° des lettres de Mme de Simiane à d'Héricourt ; 3° les lettres, imprimées une première fois en 1756, de Mme de Sévigné à Pompone sur le procès de Fouquet.

Cette impression, singulièrement négligée, et pleine d'erreurs, surtout dans les lettres à Pompone, n'a eu probablement d'autre éditeur que le libraire Lacombe lui-même. On attribue à La Harpe la Préface qui commence le volume. L'avertissement qui précède les lettres sur le procès de Fouquet est différent de celui de 1756.

Mme du Deffand jugeait ainsi cette publication dans une lettre à Horace Walpole du 13 novembre 1773 : "Ce recueil ne fera pas honneur à l'éditeur. Il ne suit point l'ordre des dates. Sa préface m'a paru plate... Ce qu'il y a de bon et d'agréable dans ce recueil, ajoute-t-elle après une condamnation sommaire et brutale des lettres de Mme de Simiane, ce sont les lettres à M. de Pompone, dont les éditions étaient épuisées et par conséquent devenues fort rares."

L'approbation du volume, signée Crébillon, est du 21 mars 1773 ; le privilège, pour six ans, du 7 avril suivant. (Notice bibliographique, éditions des Grands Ecrivains de la France, tome XI, 1862).


Provenance : Exemplaire aux armes de Jean-Pierre de Damas, comte d'Anlezy, connu du vivant de son père sous le nom de marquis de Thianges, puis sous celui de comte de Damas d'Anlezy. Il était le fils de Louis-François, comte de Thianges, guidon des gendarmes du roi, et de Madeleine-Angélique de Gassion d'Alluye. Il naquit le 4 mars 1734, devint successivement mestre de camp de dragons en 1768, brigadier des armées le 18 juin 1774 et maréchal de camp le 1er mars 1780 ; il fut élu du baillage de Nivernais et Donziois aux Etats Généraux de 1789, mais il donna sa démission le 21 juillet de la même année, après avoir refusé de se réunir aux trois ordres. Le comte de Damas d'Anlezy, qui avait émigré, mourut le 5 septembre 1800, au château d'Anlezy (Nièvre). Il avait épousé à Paris, le 4 avril 1758, Michelle-Perrette Le Veneur de Tillières, dont il n'eut pas d'enfants. OHR, pl. 851. Fer identique "D'or à la croix ancrée de gueules". OHR signale 1 seul autre exemplaire à ces armes, "Le célibataire", Paris, Delalain, 1776. Cf. Armorial des Bibliophiles du Lyonnais, p. 162.

Les exemplaires reliés aux armes des Lettres de la Marquise de Sévigné sont très rares et très recherchés.

BEL EXEMPLAIRE, TRÈS FRAIS.

Prix : 1.500 euros

lundi 7 septembre 2009

Les mélanges d'histoire et de littérature de Vigneul-Marville. Exemplaire aux armes du Baron Pichon, célèbre bibliophile du XIXe siècle.




EXEMPLAIRE DU BARON PICHON.

DE VIGNEUL-MARVILLE (Noël d'Argonne dit Dom Bonaventure d'Argonne, connu sous le pseudonyme de)


MÉLANGES D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE, par M. de Vigneul-Marville. Quatrième édition, revue, corrigée et augmentée. Par M. ***.

A Paris, Au Palais, chez Claude Prudhomme, 1725.

3 volumes petit in-8 (16,5 x 10 cm) de (4)-491-(22) ; (2)-472-(23) et (2)-492-(28) pages.

Reliure plein maroquin bois de rose, dos à nerfs décorés de filets à froid, armes du Baron Pichon sur les plats et son chiffre répété au dos dans les caissons, triple-filet à froid en encadrement des plats, dentelle dorée intérieure, gardes peigne, tranches dorées sur marbrure. (reliure signée à la plume et datée, Duru, 2 février 1841). Exemplaire finement relié par Hippolyte Duru, parfaitement conservé, on notera seulement des dos uniformément passés (la couleur bois de rose ayant viré au rouille-orangé). Infimes frottements sur deux nerfs. Intérieur parfait.


ÉDITION EN PARTIE ORIGINALE.


Cet ouvrage a paru pour la première fois en 1699 et fut augmenté ensuite par l'abbé Banier. Ce dernier fit beaucoup d'additions au 3eme volume. Ces Mélanges sont remplis d'anecdotes curieuses et hasardées. On y trouve un grand nombre d'anecdotes littéraires, de réflexions critiques et de traits satiriques. Vigneul-Marville est, dit Voltaire, le seul Chartreux qui ait cultivé la littérature.


Provenance : Exemplaire aux armes et au chiffre du Baron Pichon. Exemplaire relié en février 1841 par H. Duru à la demande du célèbre bibliophile. L'exemplaire se retrouve dans la vente de sa bibliothèque en 1869 (première vente Pichon, n°823). Jérome Pichon fut auditeur au conseil d’État en 1840 et a été nommé à la fin de 1818 consul général à Smyrne. Il était président de la Société des bibliophiles français et membre de celle des Antiquaires de France. On lui doit la publication quelques anciens manuscrits, entre autres, Le Ménagier domestique (Paris, 1848, 2 vol. in-8°).


SUPERBE EXEMPLAIRE, FINEMENT RELIÉ PAR H. DURU (1841).


EXEMPLAIRE DU BARON JÉRÔME PICHON (1812-1896), L'UN DES PLUS CÉLÈBRES BIBLIOPHILES DU XIXe SIÈCLE.

Prix : 3.500 euros

vendredi 4 septembre 2009

Un exemplaire exceptionnel du Télémaque de Fénelon avec deux très rares suites avant la lettre d'après Moreau et Marillier (1824). Ex. Edouard Bocher.




FÉNELON (François Salignac de La Mothe-Fénelon, dit)

AVENTURES DE TÉLÉMAQUE PAR FÉNELON. Avec des notes géographiques et littéraires.

A Paris, chez Lefèvre, libraire, 1824. [Imprimerie de Jules Didot ainé, imprimeur du roi.].

2 volumes grand in-8 (25,5 x 17,5 cm) de (4)-LIX-322 et (4)-400 pages. Voir ci-dessous le détail de la riche illustration de cet exemplaire.

Reliure plein maroquin rouge carmin, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, chiffre doré au centre de chaque caisson (voir provenance ci-dessous), triple-filet doré en encadrement des plats, dentelle dorée intérieure, gardes peigne, tranches dorées sur témoins (reliure signée BELZ-NIEDRÉE, vers 1850).

Exemplaire proche de la perfection, avec à peine une trace sur un coin et d'infimes frottements et traces sur les coupes. De toute beauté.

NOUVELLE ÉDITION. DE LA COLLECTION DES CLASSIQUES FRANÇOIS.


UN DES (50) RARES EXEMPLAIRES SUR GRAND PAPIER VÉLIN AUQUEL ON A AJOUTÉ DEUX SUITES D'ESTAMPES AVANT LA LETTRE.

Notre exemplaire est exceptionnellement et merveilleusement illustré d'un portrait de Fénelon d'après Vivien gravé par Hubert (épreuve sur papier vélin avant la lettre sur la tablette), d'un autre portrait de Fénelon en médaillon gravé par Roger (épreuve sur papier de Chine monté sur vélin fort), d'une carte géographique des voyages de Télémaque par Pierre Tardieu, Paris, 1824 (épreuve sur papier vélin fort sur double-page), d'une suite de 25 eaux-fortes d'après J. M. Moreau le Jeune (Renouard éditeur) et gravées par Simonet (13), De Ghendt (8), avant les signatures (2), Girardet (2), d'une suite de 24 eaux-fortes d'après Marillier et gravées par De Ghendt (1), Dupréel (5), Delvaux (5), Dambrun (4), Patas (2), Baquoy (2), Masquelier (1), Delvaux et Dupréel (1), Langlois (1), Ponce (1), Pauquet (1), soit au total 49 eaux-fortes toutes en épreuvres d'excellent tirage avant la lettre.

Les deux suites de gravures avant la lettre ont été ajoutées par l'amateur au moment de la reliure, elles ne doivent pas se trouver dans cette édition.


Provenance : Chiffre doré EB au dos des volumes. De la bibliothèque Édouard Bocher "M. Edouard Bocher, dont la bibliothèque, non moins riche que celle de M. le baron de Lignerolles, est trois fois plus nombreuse. M. Edouard Bocher peut revendiquer l'honneur d'être le premier aide de camp bibliophile de Mgr le duc d'Aumale." (Extrait de l'introduction au Catalogue de la librairie Auguste Fontaine, fin XIXe siècle). "Grand bibliophile, il réunit une remarquable collection de livres rares." (Wikipedia).


Références : (concernant la reliure) - Fléty, Dictionnaire des relieurs français de 1800 à nos jours, Paris, Technorama, 1988, p. 21. La reliure a été exécutée entre 1854 (Belz devient ouvrier doreur chez Niédrée) et 1880 date de la reprise de son atelier par Canape. (concernant l'édition) - Quérard, La France littéraire, III, 96 ; Cette édition aurait été tirée à seulement 50 exemplaires sur grand papier jésus vélin (Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, 1883, p. 39) ;


MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE, TOUT A FAIT EXCEPTIONNEL PAR LES SUITES AVANT LA LETTRE QU'IL CONTIENT, SOMPTUEUSEMENT RELIÉ EN MAROQUIN DE BELZ-NIÉDRÉE.

UN TRAVAIL DE DORURE EXCEPTIONNEL !


EXEMPLAIRE DU BIBLIOPHILE DU XIXe SIÈCLE, ÉDOUARD BOCHER.

Prix : 3.500 euros

jeudi 3 septembre 2009

Une très rare édition des Aventures de Télémaque par Fénelon (1699). Exemplaire de Jean-Baptiste de Junquières (1713-1788), pasticheur du Télémaque.




FÉNELON (François Salignac de La Mothe-Fénelon, dit)

LES AVANTURES DE TELEMAQUE FILS D'ULYSSE, OU SUITE DU QUATRIÈME LIVRE DE L'ODYSSÉE D'HOMÈRE.

A La Haye, chez Adrian Moetjens, 1699 [tome I].
A Cologne, chez Pierre Marteau, 1699 [tomes II, III, IV et V].

5 volumes petit in-12 (131 x 79 mm env. - le premier volume légèrement plus petit env. 130 x 73 mm). Ensemble complet.

Reliure plein veau fauve, dos à nerfs richement ornés aux petits fers dorés, pièce de titre et tomaison de maroquin rouge, roulette dorée sur les coupes et en encadrement intérieur des plats, gardes marbrées, tranches dorées sur marbrure (reliure de l'époque).

Quelques habiles restaurations aux coiffes et au coin, intérieur frais. Exemplaire un peu court de marges mais sans atteinte au texte. Quelques taches et éraflures sur les plats, un coin noirci. Légère variante dans le décor aux fers dorés au dos du premier volume avec les volumes suivants (voir plus bas).

Attribution de la reliure à Luc-Antoine Boyet d'après la roulette intérieure conforme au matériel utilisé par ses doreurs (Cf. Isabelle de Conihout & Pascal Ract-Madoux, in Reliures françaises du XVIIe siècle : Chefs-d'oeuvre du musée Condé). Luc-Antoine Boyet était relieur du roi et de très nombreuses personnalités de la cour depuis les années 1680 jusqu'en 1730. On sait que Luc-Antoine Boyet n'était que relieur et non doreur comme on le croit parfois. Il a cependant très probablement travaillé avec quelques doreurs dont le matériel s'est retrouvé comme sa marque de fabrique. On ne connait pas de reliures positivement de la main de Luc-Antoine Boyet car il n'en n'a jamais signé aucune, mais on reconnait la perfection du corps d'ouvrage.

Collationné complet (détail de la pagination et particularités de l'exemplaire disponibles sur simple demande).


ÉDITION PARUE LA MÊME ANNÉE QUE L'ÉDITION ORIGINALE. COMPLÈTE DE TOUS LES VOLUMES INITIALEMENT PARUS SÉPARÉMENT A PARIS.

Exemplaire mixte composé, d'un premier volume à l'adresse d'Adrian Moetjens à La Haye, 1699 (édition en 208 pages conforme à la pagination de la première édition de Paris chez Barbin la même année), et des quatre volumes suivants à l'adresse de Pierre Marteau à Cologne, tous à la date de 1699 également. Tous les volumes portent la signature de Jean-Baptiste Junquières qui a possédé ce livre avant 1752, tel que nous le proposons ici. (voir plus bas la provenance de cet exemplaire).

D'après les bibliographies il semblerait qu'il y eut au moins 20 éditions du Télémaque de Fénelon cette même année 1699, éditions partielles (premier volume) ou plus complète (5 volumes). Moetjens a été le premier semble-t-il a publié une édition clandestine du Télémaque aussitôt le premier volume paru. Il a ensuite publié les autres livres successivement au fur et à mesure de la publication en France (nous avons ici de ces éditions le premier volume à l'adresse de Moetjens). De l'édition de Cologne, Pierre Marteau, il est dit "qu'il est incontestable que cette édition a été imprimée sur une copie qui différait en beaucoup de points de celles qui ont servi aux éditions déjà mentionnées : car le copiste y a évité quelques-unes des omissions que nous indiquons plus bas (...) et l'on y trouve plusieurs des corrections et additions faites par l'auteur dans la première copie, et qui ne sont dans aucune des éditions antérieures à 1717, comme nous l'avons dit ci-dessus (...) Le format est un petit in-12 ; caractère dit philosophie, papier un peu bis : l'ouvrage paraît imprimé en Flandre, peut-être à Lille ; il y a une réclame à chaque page. Mais cette édition n'est pas plus soignée que les autres sous le rapport de la correction du texte, et surtout des noms propres ; il y a même, vers la fin, des lacunes de plusieurs lignes (...)" (Recherches bibliographiques sur le Télémaque, Gosselin, p. 14).


"Le roman intitulé Les Aventures de Télémaque, fils d'Ulysse, connut, dès sa parution (1699), un succès qui n'a pas eu d'éclipse. Il a fourni au moins deux termes au vocabulaire international: mentor et Salente. L'impact de l'oeuvre est inséparable de la personnalité de l'auteur: Fénelon avait publié un Traité de l'éducation des filles, qui contribua à le faire nommer précepteur du petit-fils de Louis XIV, poste qui l'achemina vers celui d'archevêque de Cambrai. Son vaste diocèse, où More avait signé la Paix des Dames en 1529, jouxtait les Flandres, et pâtissait des guerres menées sur cette frontière jusqu'à la paix d'Utrecht (1713). L'Ulysse dont il se fait le Mentor par Télémaque interposé est l'héritier présomptif du Roi-Soleil: il le promène de nation en nation pour lui faire honnir celles qui sont belliqueuses, et apprécier celles où la loi est souveraine, où l'agriculture est à l'honneur, et d'où sont bannis le luxe et l'ostentation. La palme revient à la république de Salente, véritable famille comme l'Utopie de More, et en outre dotée d'un climat idyllique. Louis XIV se fâcha: Il décrie mon règne! Bossuet s'offusqua: écrire un roman est indigne d'un prêtre. Mais l'oeuvre s'est imposée comme un classique." (CNRS, INIST, MARCHADOUR G., Le Télémaque de Fénelon (1699), chef d'oeuvre utopique / Fénelon's «Telemachus» (1699), an utopian best seller, in Moreana Revue, 1999, vol. 36, no139-40, pp. 87-102, résumé).

Provenance : Ex libris manuscrit sur tous les titres "Junquières", exemplaire de la bibliothèque de Jean-Baptiste Junquières, homme de lettres et pasticheur du Télémaque. Il s'agit sans aucun doute ici de son exemplaire personnel qui a servi lors de la rédaction de son pastiche publié en 1752, intitulé l'Elève de Minerve ou Télémaque travesti, poëme (3 vol. in-12), le livre le plus spirituel en ce genre après l'Enéide de Scarron. Ex libris manuscrit sans doute du XIXe siècle "P. Dutrait".

Références : Bibliographie générale du Périgord, p. 314 (détail de la pagination de l'édition de Cologne, Pierre Marteau, 5 volumes petit in-12) ; Recherches bibliographiques sur le Télémaque, Gosselin, p. 14.

Localisation : Nous avons eu de la peine à trouver un exemplaire complet d'une édition ancienne de 1699 dans les dépôts publics français. La BNF à Paris en possède un exemplaire complet en 5 volumes et tous à l'adresse de Pierre Marteau à Cologne mais avec le quatrième tome à la date de 1700 (??). La bibliothèque de Versailles en possède un exemplaire complet des 5 volumes à l'adresse de Cologne, Pierre Marteau (collation non précisée). Tous les autres exemplaires que nous avons pu lister sont incomplets d'un ou plusieurs volumes. Actuellement (septembre 2009), il n'existe aucun exemplaire comparable à celui que nous proposons sur le marché français et international (librairies en ligne).


BEL EXEMPLAIRE, FINEMENT RELIÉ A L'ÉPOQUE, D'UNE ÉDITION PRIMITIVE DE LA PLUS GRANDE RARETÉ DU TÉLÉMAQUE DE FÉNELON.

Prix : 4.000 euros

mercredi 2 septembre 2009

Le Don Quichotte de Cervantès illustré par Johannot (1836-1837). Exemplaire Pierre Berès.



Le Don Quichotte illustré par Tony Johannot du "Prince des libraires",
Pierre Berès (1913-2008).


MIGUEL DE CERVANTES SAAVEDRA (Traduction de Louis Viardot).

L'INGENIEUX HIDALGO DON QUICHOTTE DE LA MANCHE, par Miguel de Cervantès Saavedra, traduit et annoté par Louis Viardot, vignettes de Tony Johannot.

Paris, J.-J. Dubochet et Cie, Librairie Paulin, 1836-1837. [Imprimerie d'Adolphe Everat et Compagnie].

2 volumes grand in-8 (26,5 x 17,5 cm) de (8)-744 et (8)-758 pages. Exemplaire bien complet des deux frontispices tirés sur chine et des titres gravés sur bois tirés sur papier vélin blanc.


Reliure plein maroquin prune à grain long, dos lisses richement ornés de fers rocailles romantiques, tire et millésime sur pièce de veau noir, plats richement décorés d'un centre de veau noir estampé à froid d'un motif rocaille, triple-filet doré en encadrement des plats avec fleuron dans les coins, sinple filet doré en encadrement intérieur des plats, tranches dorées. Les belles couvertures imprimées en mauve ont été conservées en parfait état. (reliure de l'époque non signée mais d'une excellente facture et très certainement sortie des meilleurs ateliers du temps). Reliures parfaitement conservées, intérieur frais malgré quelques rousseurs habituelles. Tirage sur papier teinté. Infimes frottements à la reliure.


PREMIER TIRAGE DES ILLUSTRATIONS DE TONY JOHANNOT.

Premier tirage de "l'un des très beaux livres illustrés du XIXe avec le Molière, également illustré par Johannot : ce sont les deux frères jumeaux".

Ouvrage illustré de 800 vignettes intercalées dans le texte et gravées sur bois. Texte encadré d'un double filet noir. Un livre de toute beauté.

Références : Carteret III, 136-137. Vicaire I, 156 (notre exemplaire présente les caractéristiques de premier tirage et pour le texte et l'illustration, et pour les couvertures imprimées à la date de 1838 de couleurs lilas).

Provenance : Pierre Berès, avec son étiquette.

Exemplaire sélectionné par Pierre Berès, "libraire des libraires", sans aucun doute pour l'exquise beauté de sa reliure ancienne, parfaitement exécutée et parfaitement conservée.

Les exemplaires de ce livre dans cette condition sont rarissimes.


SUPERBE EXEMPLAIRE D'UN DES TRÈS BEAUX LIVRES ILLUSTRES DU XIXe SIÈCLE. RELIURE EXCEPTIONNELLE.


EXEMPLAIRE PIERRE BERÈS.

Prix : 3.500 euros

mardi 1 septembre 2009

Tableau de l'intérieur des prisons de France par Ginouvier (1824).




GINOUVIER (J.-F.-T.)

TABLEAU DE L'INTÉRIEUR DES PRISONS DE FRANCE, ou études sur la situation et les souffrances morales et physiques de toutes les classes de prisonniers ou détenus. Par J.-F.-T. Ginouvier.

Paris, Baudouin frères, libraires, 1824. [Imprimerie de Fain]. A Bruxelles, chez Tarlier, libraire.

1 volume in-8 (21,5 x 13,5 cm) de (4)-276 pages.

Reliure demi-veau blond, filets dorés, pièce de titre de maroquin marron, plats et gardes de papier marbré, tranches marbrées (reliure de l'époque). Reliure très bien conservée et décorative. Intérieur frais avec quelques rousseurs aux premiers et derniers feuillets.


ÉDITION ORIGINALE.


Dans cet intéressant tableau des prisons de France dans le premier quart du XIXe siècle, Ginouvier justifie la nécessité de quartiers spéciaux :

"Le pouvoir devrait donc prendre des mesures, afin que les détenus pour opinion politique fussent, dans toutes les prisons de France, séparés des autres détenus. Jusqu'à présent, entourés de gens accusés de délits honteux et de crimes infâmes, ils sont dans l'obligation d'instruire chacun du motif de leur emprisonnement, de crainte d'être jugés suivant les apparences, et d'être pris pour des malfaiteurs. (...)"

BEL EXEMPLAIRE, BIEN RELIÉ A L'ÉPOQUE.

Prix : 350 euros

Cunningham et Buxton : Améliorer le sort des prisonniers et l'état des prisons (1820).




CUNNINGHAM Francis / BUXTON (T. F.)

NOTES RECUEILLIES EN VISITANT LES PRISONS DE LA SUISSE, ET REMARQUES SUR LES MOYENS DE LES AMÉLIORER, avec quelques détails sur les prisons de Chambéry et de Turin, par Francis Cunningham, suivies de la description des prisons améliorées de Gand, Philadelphie, Bury, Ilchester et Millbank, et d'un rapport sur le Comité des Dames à New-Gate, par T.F. Buxton, Esq., Membre du Parlement.

Se vend à Genève et à Paris, chez J. J. Paschoud, de l'imprimerie de J. J. Luc Sestié, rue de la Pelisserie, 1820.

1 volume in-8 (21,5 x 13,5 cm), broché, LXVIII et 87 pages. Couverture grise d'origine, excellent état. Intérieur sans rousseurs. En grande partie non coupé. Mouillures claires à la couverture.


ÉDITION ORIGINALE.

On trouve collée sur le premier plat une étiquette imprimée d'origine : "Cet ouvrage ayant été publié dans le but d'améliorer l'état des prisons en général, ceux qui s'en trouveront en possession sont priés de le faire circuler parmi leurs connaissances et les personnes que leurs fonctions appellent à visiter les prisons."
On lit au verso du faux-titre : "Le produit de la vente de cet ouvrage à Genève sera remis au Comité des Dames, et appliqué par elles aux besoins des prisonnières. Il y a des dépenses attachées aux soins d'un Comité de ce genre, auxquelles on ne peut douter que le public ne se fasse un plaisir de contribuer."

Ouvrage au caractère philanthropique très affirmé.

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE PEU COMMUN.

Prix : 250 euros

lundi 31 août 2009

Ernest Danjou : Des prisons, de leur régime, et des moyens de l'améliorer (1821). Une vision progressiste du système carcéral dès 1821.




Ernest DANJOU

DES PRISONS, DE LEUR RÉGIME, ET DES MOYENS DE L'AMÉLIORER, par M. E. Danjou, avocat à Beauvais. Ouvrage couronné par la Société Royale des Prisons, dans la séance du 15 mars 1821, présidée par S.A.R. Monseigneur Duc d'Angoulême.

Paris, A. Egron, imprimeur de S.A.R. Monseigneur, duc d'Angoulême, 1821.

1 fort volume in-8, broché, (22 x 15 cm) de XIII-559 pages. 4 figures hors-texte (plans). 1 lettre autographe signée de l'auteur montée sur le faux-titre. Couvertures prune d'origine passées (dos solide et non fendu), entièrement non rogné, et pratiquement non coupé (jamais lu plus loin que la page 105...), trace d'étiquette imprimée au dos (usée). Belle impression sur papier chiffon blanc, pratiquement sans rousseurs. Une petite auréole claire angulaire au bas de quelques feuillets (sans gravité).


ÉDITION ORIGINALE.

Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à M. Després (mention manuscrite), accompagné d'une belle lettre autographe dans laquelle l'auteur écrit : "C'est à vos salutaires conseils que cet ouvrage doit l'existence et les encouragements par lesquels vous m'avez excité à y travailler doivent me garantir aujourd'hui de votre part l'indulgence dont je sens que j'ai besoin auprès d'un juge aussi éclairé." (le destinataire est M. Després, à Crécy - la lettre est datée du 23 octobre 1821 à Beauvais).

"De tous les maux qui peuvent atteindre l'homme, il n'en est peut- être pas de plus terrible que la perte de la liberté. Dans cet état déplorable , le prisonnier semble avoir brisé tous les liens qui l'attachaient à la vie : travaux, plaisirs, espérances, bonheur domestique , tout est perdu pour lui. Si, pour fuir l'accablante idée de ses douleurs présentes, il cherche un refuge dans le passé, il en est repoussé par le remords, ou par le souvenir amer d'une grande injustice, et l'avenir l'épouvante, à son tour, par la perspective désespérante de l'opprobre et de la misère qui attendent sa famille.

A des jours que flétrissent de continuelles souffrances , succèdent des nuits plus pénibles encore ; la solitude ne le délivre de l'odieuse société de ses compagnons d'infortune , que pour l'abandonner tout entier aux réflexions désolantes que lui inspire sa malheureuse position; et telle est l'horreur de son état, que cette triste consolation est encore un besoin pour lui. Telles sont les conséquences inévitables de la captivité, même la plus douce. Mais combien de fois ces maux affreux n'ont-ils pas été les moindres peines d'un prisonnier !

Combien de fois le poids des fers, la rigueur des cachots, l'insalubrité des prisons, l'avare despotisme des gardiens, et la tyrannie illégale, mais irrésistible de subalternes souvent choisis parmi les criminels du rang le plus abject, n'ont-ils pas ajouté de nouvelles amertumes à celles dont il est abreuvé. Une situation si cruelle méritait bien, sans doute, un regard de la pitié et cependant, de tous les malheureux, les prisonniers sont ceux qui, dans tous les temps, recueillirent le moins de secours et de consolations.

L'infortune la plus cruelle était la moins soulagée, et longtemps les prisonniers, oubliés au fond de leurs cachots, attendirent vainement qu'une main bienfaisante vînt essuyer leurs larmes. En gémissant de cet abandon où la pitié publique laissa pendant si long-temps les prisonniers, gardons-nous toutefois de calomnier l'humanité, et de croire que, jusqu'à nos jours, la bienfaisance fût exilée de tous les cœurs !

Tant d'hôpitaux , tant d'établissements charitables , tant de nobles associations pour la défense des faibles, le soulagement des malades et des indigents, prouvent que, même dans les siècles qu'aujourd'hui nous jugeons sévèrement, la philanthropie enflammait aussi des hommes généreux. Mais, en général, on ne compatit qu'à l'infortune dont on peut avoir quelque idée : la pauvreté , la maladie , les blessures reçues à la guerre, trouvèrent, dans tous les temps, les cœurs ouverts à la pitié. (...)

Il faut avoir réfléchi sur l'état d'un prisonnier, pour penser qu'il peut être victime d'une injustice ; que même, convaincu légalement d'un crime, il ne doit pas être puni plus sévèrement que la loi ne l'ordonne, et que l'arrêt qui lui enlève sa liberté ne le condamne pas à perdre la vie , par suite des maladies funestes qu'engendre le séjour des cachots. Jamais, peut-être, ces idées ne s'étaient présentées à l'esprit de ceux qui s'occupèrent alors des maux de leurs semblables; les prisonniers furent oubliés dans la distribution des premiers bienfaits de la philanthropie. (...)

Les progrès des lumières et de la civilisation n'apportèrent presque aucuns changements à cette triste position , et, long-temps encore, les prisonniers semblèrent victimes d'un oubli de la bienfaisance. Une injuste et funeste prévention détourna tous les regards d'infortunés qu'une opinion dédaigneuse enveloppait indistinctement dans la même proscription : on ne voyait que les crimes dont s'étaient souillés la plupart d'entre eux, sans considérer leur malheur à tous ; et le sentiment le plus favorable qu'ils pussent attendre , était l'oubli qui, en les délivrant d'un mépris injurieux , les laissait gémir, ignorés, dans des tourments inconnus. (...)"


(Extrait de l'ouvrage).


C'est assez pour connaitre le ton et les objectifs de l'auteur.


BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE PEU COMMUN.

Prix : 500 euros

Le bagne, la prison et la déportation. Essai sur le système pénitentiaire de la France au milieu du XIXe siècle (1853).




LEPELLETIER DE LA SARTHE (Alm.)

SYSTÈME PÉNITENTIAIRE. LE BAGNE, LA PRISON CELLULAIRE, LA DÉPORTATION. Par Alm. Lepelletier de La Sarthe. Membre de l'Académie Impériale de Médecine, Chevalier de la Légion d'honneur, Ex-Médecin, par concours, des Hôpitaux de Paris, Lauréat de l'Ecole et de plusieurs Sociétés savantes.

Le Mans, Monnoyer, imprimeur-libraire, éditeur, Paris, Plon Frères, libraires, 1853. [Typographie Monnoyer, au Mans.]

1 volume grand in-8 (27 x 18 cm) de (4)-XV-336 pages. 4 belles lithographies hors-texte (bagnards).

Reliure demi-cuir moderne (peau de truie beige mégissée), dos muet, plats et gardes de papier marbré imprimé. Reliure en parfait état. Intérieur très frais, papier très blanc, sans rousseurs, couvertures conservées (avec de petites manques angulaires).


ÉDITION ORIGINALE.

Lepelletier décrit dans cet ouvrage consacré à l’organisation du système pénitentiaire, des « types pénitentiaires ». On n’est plus très loin du « type criminel », même si ce médecin repousse tout déterminisme fatal et maintient la capacité de chaque individu à lutter contre ses tendances organiques. Inspiré par les textes de l’écrivain Maurice Alhoy, il définit huit types pénitentiaires reconnaissables à leurs méfaits, à leur psychisme et, pour certains, à leur physionomie. Chaque type est marqué par la dominance d’un vice que l’action pénale doit s’efforcer de remplacer par la vertu correspondante. (...) Animalisation du comportement et des traits physiques, identification du caractère à l’acte réprouvé, projection du jugement moral sur la physionomie, importance du regard : la typologie de Lepelletier mobilise une rhétorique déjà à l’œuvre chez Vauvenargues. Elle n’est guère spécifique au criminel et on la retrouve aussi bien dans la littérature savante que dans les œuvres romanesques du XIXe siècle. Grand succès de littérature populaire, Les Mystères de Paris débute par une mise en garde sur la singularité du milieu criminel. Si le lecteur veut bien entrer dans cette « fange » prévient Eugène Sue, il faudra qu’il assiste à « de sinistres scènes » : « il pénétrera dans des régions horribles, inconnues ; des types hideux, effrayants, fourmilleront dans ces cloaques impurs comme les reptiles dans les marais ». L’auteur précise ensuite ses intentions : « nous allons essayer de mettre sous les yeux du lecteur quelques épisodes de la vie d’autres barbares aussi en dehors de la civilisation que les peuplades sauvages si bien peintes par Cooper. Seulement les barbares dont nous parlons sont au milieu de nous ; nous pouvons les coudoyer en nous aventurant dans les repaires où ils vivent, où ils se rassemblent pour concerter le meurtre, le vol, pour se partager enfin les dépouilles de leurs victimes. Ces hommes ont des mœurs à eux, des femmes à eux, un langage à eux, langage mystérieux, rempli d’images funestes, de métaphores dégouttantes de sang ». (Extrait de Le criminel né, imposture ou réalité, par Marc Renneville).

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE PEU COMMUN.

Prix : 500 euros

Les amusements sérieux et comiques de Dufresny (1707). Seconde édition plus complète et plus rare que la première de 1699.




Charles DUFRESNY ou DU FRESNY, sieur de La Rivière.

AMUSEMENS SERIEUX ET COMIQUES. Seconde édition, revue, corrigée & augmentée.

A Paris, chez la Veuve Barbin, 1707.

1 volume in-12 (16 x 10 cm) de (2)-319-(15) pages.

Reliure plein veau brun, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque). Pièce de titre absente. Reliure légèrement frottée, petit travail de vers peu visible en haut du dos. Intérieur très frais. Le dernier feuillet d'extrait du privilège n'a pas été relié dans cet exemplaire.

ÉDITION EN GRANDE PARTIE ORIGINALE. TRÈS RARE.
(SANS AUCUN DOUTE ENCORE PLUS RARE QUE L'EO, D'APRÈS LES DÉNOMBREMENTS DANS LES DÉPÔTS PUBLICS).

La première édition de cet ouvrage a paru sous la date de 1699 chez Claude Barbin (en réalité sa veuve), mais en fait l'achevé d'imprimer est du 6 décembre 1698. Cette première édition compte 288 pages et est imprimée en gros caractères. "Elle est d'une grande rareté" (Édition des Amusemens sérieux et comiques donnée par Jean Vic, Paris, Bossard, 1921, p. 21). Cette deuxième édition donnée par le même libraire en 1707, également imprimée en gros caractères, compte 319 pages. C'est un texte nouveau, la forme définitive de cet ouvrage. Les additions par rapport à la première édition sont importantes.

Dufresny (1657-1724) fut un véritable bohème insouciant qui gaspilla près d’un million si bien que, se trouvant trop pauvre pour payer Angélique, sa blanchisseuse, il en aurait été réduit à l’épouser pour s’acquitter de ce qu’il lui devait. Cette aventure, que Lesage a fait entrer dans son Diable boiteux est devenue le sujet de plusieurs vaudevilles et comédies. Le régent essaya de refaire la fortune de Dufresny en lui faisant don de 200 000 livres, qu’il perdit dans le système de Law. Le désordre de sa vie privée se retrouve dans quelques incidents de sa vie littéraire. Il s'est ouvertement dit influencé par La Bruyère et La Rochefoucauld.

On lit que c’est dans ses Amusemens sérieux et comiques (1699, 1707) que Montesquieu a pris son inspiration pour ses Lettres persanes.

Voici les chapitres qu'on trouve dans les Amusemens de Dufresny : Le voyage du monde - La cour - Paris - La Palais - L'opéra - Les promenades - Le mariage - L'université - La faculté - Le jeu - fragment d'une lettre siamoise - Le cercle bourgeois - Le public.

Références : Revue du XVIIIe siècle, année 1917, n°1. Gervais E. Reed, Claude Barbin, Libraire de Paris sous le règne de Louis XIV, Droz, Genève, 1974 (n°577 pour l'EO de 1699 - cette édition de 1707 n'est pas signalée) ; Jean Vic, Les idées de Charles-Rivière Dufresny, 1916.

Localisation : Amiens - Paris (BNF, Arsenal) - Le Mans - Marseille - Versailles - Rouen - Troyes.

BON EXEMPLAIRE EN CONDITION D'ÉPOQUE DE CETTE ÉDITION RARE.

Prix : 1.000 euros

dimanche 30 août 2009

Pierre-Joseph Proudhon : De la justice dans la révolution et dans l'église (1858). EO rare, condamnée, saisie et détruite.





Pierre-Joseph PROUDHON

DE LA JUSTICE DANS LA RÉVOLUTION ET DANS L'ÉGLISE. Nouveaux principes de philosophie pratique adressés à son éminence Monseigneur Mathieu, Cardinal-Archevêque de Besançon par P.-J. Proudhon.

Paris, Librairie de Garnier frères, 1858. [Paris. - Imprimerie de P.-A. Bourdier et Cie].

3 volumes in-18 (18 x 12 cm) de (6)-520 ; (4)-544 et (4)-612 pages. Portrait de l'auteur en frontispice du premier volume (ajouté).

Reliure demi-chagrin rouge, dos à nerfs, filets dorés, plats et gardes de papier marbré. Reliures légèrement frottées (plats), intérieur en bon état avec les inévitables et inégales rousseurs. Quelques infimes mouillures sans gravité. Reliures de l'époque, décoratives et solides.

ÉDITION ORIGINALE.

Rare édition originale qui, parue le 22 avril 1858, fut saisie et détruite le 28 du même mois, contraignant Proudhon à s'exiler en Belgique pour échapper a la prison. L'auteur y présente l'église comme un élément perturbateur dans la relation entre les hommes et la justice. Pour Proudhon, cet ouvrage a pour but de "reconnaitre la réalité et l'intensité du mal, d'en assigner la cause, d'en découvrir le remède, par-dessus tout de démontrer la non-valeur du ministère ecclésiastique".

Proudhon a été condamné, pour cet ouvrage, à 3 ans de prison et à 4.000 francs d'amende le 3 juin 1858. L'imprimeur et l'éditeur ont également été condamnés.

"Ouvrage fameux poursuivi comme contenant des outrages à la morale publique et religieuse, l'apologie de faits qualifiés crimes ou délits par la loi pénale, des attaques contre le respect dû aux lois et contre les droits de la famille, reproduction de fausses nouvelles, etc. La destruction en a été ordonnée..." (Drujon). - C'est, selon En Français dans le texte, 260, l'œuvre majeure de Proudhon.

Proudhon en annonçant son programme, donne de sa conception de la philosophie une théorie pragmatiste. « La philosophie doit être essentiellement pratique La philosophie pour Proudhon n’a pas une fonction purement spéculative. Or si elle n’est pas de l’ordre de la pure spéculation théorique, c’est qu’elle ne suppose pas, contrairement à ce que laisse entendre la tradition platonicienne, une rupture avec le sens commun. Au contraire, si la philosophie recherche la raison des choses, cette raison est la raison commune. En opposant à la tradition philosophique, une conception de la philosophie en continuité avec le sens commun, il s’agit de défendre une théorie démocratique, ce que Proudhon appelle la « tendance démocratique » de la philosophie . (Recherches sur l'anarchisme).

Provenance : ex libris G. Grand (moderne).

Références : Nettlau, p. 19 ; Stammhammer, I, 190,n°36 ; Einaudi, 4554 (édition de 1860) ; Drujon, ouvrages poursuivis... p. 215 ;

BON EXEMPLAIRE DE L'OUVRAGE FONDAMENTAL ET CENTRAL DANS L'ŒUVRE DU PÈRE DE L'ANARCHISME.

Prix : 750 euros

mardi 25 août 2009

Les Lettres de Bussy-Rabutin avec les Nouvelles lettres (1709). La marquise de Sévignée dévoilée avant la première édition de ces lettres en 1725.




BUSSY-RABUTIN (Roger de Rabutin, comte de Bussy)



LES LETTRES DE MESSIRE ROGER DE RABUTIN, COMTE DE BUSSY, Lieutenant Général des armées du roi, et mestre de camp général de la cavalerie françoise et étrangère. Nouvelle édition. Première, deuxième, troisième et quatrième partie.

A Paris, chez Florentin Delaulne, 1706.

4 volumes in-12 (16,5 x 9,5 cm) de (4)-374-(2) ; (4)-295 ; (6)-550-(2) et (8)-491-(3) pages.


NOUVELLES LETTRES DE MESSIRE ROGER DE RABUTIN, COMTE DE BUSSY, Lieutenant Général des armées du roi, et mestre de camp général de la cavalerie françoise et étrangère, avec les réponses. Première, deuxième, troisième partie.

A Paris, chez Florentin Delaulne, 1709.

3 volumes in-12 (16,5 x 9,5 cm) de (10)-437-(3) ; (2)-400 et (6)-373-(3) pages.

Ensemble de 7 volumes in-12, veau brun, dos ornés, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge, gardes marbrées (reliures de l’époque). Coiffe inférieure du premier volume réparée. Petite réparation en haut du dos du troisième volume. Reliures en excellent état par ailleurs, très fraîches, décoratives et parfaitement solides. Intérieur très frais, sans rousseurs.

ÉDITION ORIGINALE RARE POUR LES NOUVELLES LETTRES A LA DATE DE 1709.

Les quatre premiers volumes sont la réimpression textuelle de l’édition originale parue, également en quatre volumes, chez le même éditeur, en 1697.

On trouve un très grand nombre de lettres dans cette riche correspondance de Bussy-Rabutin. Exilé sur ses terres de Bourgogne à Bussy pendant près de dix-sept années à cause de son libertinage et surtout à cause de son Histoire amoureuse des Gaules qui circula en manuscrit et imprimée pendant toute la seconde moitié du XVIIe siècle, pour la plus grande fureur de Louis XIV qui ne lui pardonna jamais d’avoir chansonné les amours du roi.

Mais ce qu’il y a de plus remarquable sans doute dans cette correspondance, c’est qu’on y trouve aussi les réponses des nombreux correspondants du comte, fait rare dans l’édition des correspondances anciennes qui nous sont parvenues. Et sans doute, la plus célèbre de ses correspondantes, est la marquise de Sévigné, Marie de Rabutin Chantal, dont on trouve ici de nombreuses lettres ou fragments de lettres publiés pour la première fois. Il faudra en effet attendre 1725, 1726 et 1734-1737 pour que ces lettres soient publiées séparément et d’une façon plus systématique, notamment par les soins du Chevalier Perrin. On sait que c’est le fils de Roger de Rabutin qui édita en partie avec le Père Bouhours la correspondance de Bussy. C’est également le fils de Roger de Rabutin qui communiqua les manuscrits des premières lettres publiées de la marquise de Sévigné, quelques années plus tard.

Résultats / Références : Vente Rossini, Paris, 25 mars 2004, exemplaire en 7 volumes, 1697-1709, veau, éditions originales, exemplaire Jean Tannery (I, 1954, n°199), adjugé 2.200 euros.

BEL EXEMPLAIRE EN RELIURE HOMOGÈNE DE L'ÉPOQUE. LA RÉUNION DE L’ENSEMBLE DE LA CORRESPONDANCE DE BUSSY-RABUTIN, A CETTE DATE, EST ASSEZ RARE.

Prix : 1.200 euros

samedi 22 août 2009

Occultisme : Des rapports de l'homme avec le démon. Essai historique et philosophique par Joseph Bizouard (1863-1864).




BIZOUARD (Joseph)

DES RAPPORTS DE L'HOMME AVEC LE DÉMON, essai historique et philosophique par Joseph Bizouard, avocat. Tome I, II, III, IV, V et VI (complet).

Paris, Gaume frères et J. Duprey, éditeurs, 1863-1864.

6 forts volumes in-8 (223 x 140 mm), de 500 à 900 pages par volume, collationné complet, brochés sous couverture imprimée beige. Les tomes III, V et VI n'ont pas été coupés (jamais lu). Quelques passages soulignés au crayon de bois dans les deux premiers volumes. Couvertures en très bon état, les dos des volumes sont tous intacts et non fendillés, brochage très solide. Intérieur en parfait état, imprimé sur beau papier resté bien blanc, sans rousseurs. Non rogné. Ensemble complet et rare dans cette condition.

ÉDITION ORIGINALE.

"Ouvrage curieux", dit Caillet, "partagé en 36 livres, les quatre premiers traitent des temps ou régnaient l'idolâtrie, le cinquième s'occupe des temps du Moyen Age et enfin dans les autres livres l'auteur étudie la magie et la sorcellerie du XVIe siècle a nos jours. Vénérable encyclopédie qui embrasse tout ce qui intéresse l'occulte. Malgré le point de vue ou se place l'auteur, cet énorme travail n'en est pas moins une source précieuse de renseignements, ou le philosophe puisera des connaissances variées, et souvent nouvelles, qui lui demanderaient de longues années de recherches et une bibliothèque spéciale difficile a réunir."

Référence : Caillet, Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, n°1182 ; Yves-Plessis, Essai d'une bibliographie de la sorcellerie, n°411 : "Encyclopédie véritable, compilation de tout (ou presque tout) ce qui a été écrit sur la question".

TRÈS BON EXEMPLAIRE.

Prix : 800 euros

mercredi 15 juillet 2009

La vie de Bohème et Les buveurs d'eau d'Henry Murger, EO (1855), maroquin doublé signé A. Cuzin.



HENRY MURGER

LES BUVEURS D'EAU par Henry Murger.

Paris, Michel Lévy frères, libraires-éditeurs, 1855. (Corbeil, typographie de Crété).

1 volume in-18 anglais (18,7 x 12,7 cm) de (2)-VIII-354 pages.

Reliure de maroquin olive doublé de maroquin rouge sang, dos à nerfs janséniste avec auteur, titre et millésime dorés, double-filet doré sur les coupes, doublure sertie d'un triple-filet doré en encadrement et d'un décor de quatre grands fers dorés en écoinçons reliés ensemble par un filet doré gras, première garde volante de soie tissée pistache, gardes de papier peigne, tête dorée polie et autres tranches dorées sur brochure, les deux couvertures vertes ainsi que le dos original du brochage ont été reliés à la fin et sont parfaitement conservés (A. Cuzin).

Dos uniformément passé, la couleur ayant viré au brun clair, pourtour des plats et encadrement intérieur des plats également viré au brun clair. Intérieur en parfait état, d'une fraîcheur exceptionnelle.


ÉDITION ORIGINALE FRANÇAISE SUR VÉLIN TEINTE SATINÉ.

Cet ouvrage avait paru précédemment à Bruxelles chez Lebègue en 1854 au format petit in-12. Cette édition de Paris, Michel Lévy est considérée comme la véritable édition originale.

Bien que Clouzot ne signale aucun grand papier pour cette édition, notre exemplaire est imprimé sur un beau papier vélin teinté satiné, absolument sans rousseurs, totalement différent des papiers ordinaires qu'on peut rencontrer pour le tirage courant des ouvrages édités par Michel Lévy et sortis de l'imprimerie de Crété.

Cet ouvrage, d'un très grand mérite littéraire, totalement éclipsé ou presque par le succès de l'auteur "Scènes de la vie de Bohême", paru en 1851, roule sur le même thème. Murger, fils d'un concierge-tailleur, né dans la loge de concierge de son père en 1822, il mourut en 1861, âgé d'à peine 40 ans. Murger usa sa courte vie dans les cafés et autres estaminets de la capitale. C'était le peintre de la Bohème, de ses artistes misérables et miséreux, par les mots. Théodore de Banville, Nadar, et bien d'autres étaient de ses amis.

Qui étaient les "buveurs d'eau" ?

"(...) Il était interdit aux Buveurs d'eau de faire partie d'aucune société secrète, et les réunions mensuelles excluaient d'une façon absolue toute discussion politique. (...) Pour les besoins de la vie matérielle, nous devenions, en effet, tous solidaires les uns des autres; et, en vérité, cette loi n'aurait pas eu besoin d'être formulée, elle avait été pratiquée depuis longtemps quand la société fut fondée. (...) La cotisation pour la caisse commune était assez faible pour que chaque membre pût, dans l'espace d'un mois, s'en procurer le montant, et si, dans les repas qui précédaient ou suivaient nos réunions, l'eau devait figurer comme unique boisson, c'est qu'il fallait que l'écot en fût assez modique pour que chacun put en payer sa part. (...) En outre, nous ne voulions pas qu'un projet, au moins sérieusement conçu, devînt un prétexte à banguets. Beaucoup d'associations plus ambitieuses ont fini par là. (...) Bien loin d'imposer à ses membres une patience stoï- que, le parti pris de l'isolement et le mépris du succès, la société des Buveurs d'eau avait été créée, au contraire, pour mettre en commun non-seulement l'étude et l'expérience, mais encore l'activité et les relations de tous ses membres. Se produire et faire aux autres un marchepied d'un succès, tel était le devoir de chacun ; grandir et arriver les uns par les autres, tel était le but principal. On comprend alors que nous avions dû nous choisir et procéder dans ce triage le plus souvent par exclusion ; on comprend aussi que, par conséquent, cette « perpétuelle admiration de notre talent et de « nos œuvres » devait être et pouvait être le résultat d'une conviction sincère. Nous réprouvions sans doute le mercantilisme, mais comme but seulement et non comme moyen de vivre: Noël donnait des leçons de dessin ; Murger était secrétaire de M. Tolstoï et brochait des petits contes d'enfant pour l'Age d'or; je sténographiais des séances de justice de paix pour un journal judiciaire; Christ et Cabot dessinaient des ornements pour un marbrier ; Gothique peignait des enseignes de sages-femmes, etc. Il était non-seulement permis, mais encore recommandé à chaque Buveur d'eau de faire descendre son art jusqu'à la production du pain de quatre livres. Chacun de nous, du reste, vivait à sa guise et n'était même tenu de boire de l'eau qu'une fois par mois. Mais chaque membre de l'association devait, à la fin de l'année, justifier d'une tentative sérieuse, soumettre à l'association une œuvre d'étude et de conscience. Enfin, ces pauvres Buveurs d'eau qu'on a déguisés depuis en conspirateurs permanents, en fanatiques à tous crins s'épuisant en imprécations contre les gouvernements, les sociétés et les génies classiques, avaient eu dès lors assez de bon sens et de conscience pour comprendre qu'un système commun d'opinions politiques, d'utopie sociale, d'école littéraire ou artistique, était plutôt un péril qu'une force ; et ce respect des aspirations individuelles fut si religieusement observé qu'il fut en germe une des causes de la dissolution de la société. Il était difficile, en effet, surtout à, des esprits jeunes et ardents, d'établir une' délimitation bien tranchée entre la forme de l'œuvre et sa tendance. Comment admirer sans réserve, et surtout comment louer sans restriction le poëme, le roman, le tableau, la statue, glorification ou symbole d'une idée qu'on ne partageait pas? Ce fut le sujet d'une discussion orageuse, une difficulté qui, toujours imparfaitement résolue, reparaissait toujours menaçante. Mais il faut le dire : la société des Buveurs d'eau ne fut dissoute que pour la forme, et quand nous la brisâmes, ce fut encore par respect pour le sentiment pur et profond qui l'avait inspirée; nous ne voulûmes pas la laisser s'éteindre dans un méprisant abandon. (...)"

(extrait de l'Histoire de Murger pour servir à l'histoire de la vraie Bohème, par trois buveurs d'eau, contenant des correspondances privées de Murger. Paris, Hetzel, s.d.(1862).

Telle était cette "société" de bohème des buveurs d'eau.

Cet ouvrage connaîtra tout de même un succès à sa sortie et même plus tard puisqu'on dénombre plusieurs rééditions en 1857, 1862, 1875, 1876, 1878, 1886 et même jusqu'en 1890. Il semblerait qu'aucun exemplaire de cette édition de 1855 ne soit référencé au Catalogue collectif des bibliothèques de France (CCfr). La Bibliothèque Nationale de France (BNF) ne possède pas cette première édition française.

Provenance : ce volume est resté vierge de toute provenance attestée par un ex libris ou une mention manuscrite.

Reliure : Adolphe Cuzin est le fils du grand relieur d'art parisien Francisque Cuzin qui exerça de 1861 à sa mort en 1890. Adolphe Cuzin assura la direction de l'atelier pendant deux ans seulement. C'est Mercier qui reprit l'atelier en 1892. Après avoir travaillé dans quelques ateliers de confrères, il ouvrit, en 1900, un atelier de reliure passage Dauphine (...) puis un beau jour il quitta Paris. Il y revint cependant et nous le retrouvons, dans les années 1920, professeur à l'Ecole centrale des Arts Décoratifs, dorant les livres des élèves. On perd sa trace aux abords de la guerre de 1939. (Cf. Fléty, Dictionnaire des relieurs français..., pp. 50-51). Il semble qu'Adolphe Cuzin était surtout réputé pour la qualité de ses dorures.

Références : Clouzot, Guide du bibliophile français, 214. Histoire de Murger pour servir à l'histoire de la vraie Bohème, par trois buveurs d'eau, contenant des correspondances privées de Murger. Paris, Hetzel, s.d. (1862).

ÉDITION RARE.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE, PARFAITEMENT ÉTABLI PAR ADOLPHE CUZIN AU DÉBUT DU XXe SIÈCLE.

JOLI TIRAGE SUR BEAU PAPIER VÉLIN TEINTÉ.


Prix : 2.500 euros

mercredi 8 juillet 2009

Les métamorphoses du jour de Grandville (1854). Reliure signée de Petit.



GRANDVILLE (Jean Ignace Isidore Gérard, connu sous le nom de)

LES MÉTAMORPHOSES DU JOUR PAR GRANDVILLE, accompagnées d’un texte par MM. Albéric Second, Louis Lurine, Clément Caraguel, Taxile Delord, H. de Beaulieu, Louis Huart, Charles Monselet, Julien Lemer, précédées d’une notice sur Grandville par M. Charles Blanc.

Paris, Gustave Havard, libraire, 1854. (Imprimerie de . Claye et Cie, rue St-Benoit, 7).

1 volume grand in-8 (282 x 185 mm – Hauteur des marges : 275 mm) de (4)-XXVIII-283 pages et 70 planches hors texte coloriées non comprises dans la pagination. Vignette sur le titre.

Reliure demi-maroquin vert pistache à larges coins, signée R. PETIT au bas du dos. Fine reliure de l’époque dont la couleur fragile n’a malheureusement pas su résister au temps, le temps est uniformément passé et viré au marron clair, ainsi que les bordures des coins. De jolis filets dorés concentriques décorent les caissons au dos. Exemplaire relié sur brochure, non rogné. Tiré sur papier vélin teinté, absolument sans rousseurs. Le coloris d’époque des gravures est d’une très grande fraîcheur. Rares et infimes frottements à la reliure qui est très fraîche cependant.


NOUVELLE ÉDITION, EN PARTIE ORIGINALE.

Les admirables planches de Grandville ont paru pour la première fois sous la forme d’un album in-4 oblong, sans texte d’accompagnement, en 1829, chez Bulla. Ce recueil devenu rarissime contenait 73 planches lithographiées et coloriées à l’aquarelle.

Cette nouvelle édition, la première a être accompagnée d’un texte, contient 70 planches gravées sur bois par Desperet d’après les lithographies originales de 1829. Les bois ne sont pas signés. Notre exemplaire est conforme à Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, tome V, col. 783-787. Cet ouvage a paru en 70 livraisons à 25 centimes. Il sera réédité en 1869 par Garnier frères.

Sans doute un des plus beaux ouvrage illustré par Grandville. Son existence fut courte et semée de gros chagrins, nous dit Carteret, il se maria deux fois, perdit ses enfants et mourut à 44 ans dans un accès de folie (en 1847). Il s’était composé cet épitaphe : Ci-gît Grandville, il aima tout, fit tout vivre, parler et marcher, seul, il ne sur pas faire son chemin.

Référence : Carteret III, 284-285.

EXEMPLAIRE ABSOLUMENT SANS ROUSSEURS ET D’UNE FRAÎCHEUR ÉTONNANTE.

BEL EXEMPLAIRE, TRÈS FRAIS, EXCEPTIONNELLEMENT GRAND DE MARGES ET DANS UN TRÈS JOLI COLORIS D’ÉPOQUE, DANS UNE FINE RELIURE DE PETIT.

RARE DANS CETTE CONDITION.

Prix : 2.000 euros

mardi 7 juillet 2009

Les contes libertins et facétieux du Pogge. Edition rare et recherchée de 1712. Maroquin de Joseph Thouvenin.



LE POGGE (Gian Francesco Poggio Bracciolini ou Poggio Bracciolini dit en français Le Pogge)

LES CONTES DE POGGE, FLORENTIN, AVEC DES REFLEXIONS. Hae nugae seria ducunt.

A Amsterdam, chez Jean-Frédéric Bernard, dans le Kalverstraat, 1712.

1 volume petit in-12 (139 x 78 mm – Hauteur des marges : 134 mm) de 1 feuillet de frontispice gravé à l’eau-forte, 1 feuillet de titre imprimé en rouge et noir, 240 pages chiffrées et 2 feuillets blancs.

Reliure plein maroquin vert sombre, dos à nerfs orné de minuscules fleurettes au centre des caissons, nerfs soulignés d’un filet gras doré, triple-filet doré en encadrement des plats avec petit fer carré dans les angles, roulette dorée sur les coupes, roulette dorée intérieure, gardes peigne, tranches dorées (reliure du début du XIXe siècle signée THOUVENIN).

Quelques ombres discrètes au maroquin. Le frontispice a été recoupé autour du cadre gravé et remonté sur le feuillet blanc qui devait précéder le frontispice. Petit défaut d’impression au feuillet paginé 7/8 (avec perte de quelques caractères en début de ligne en haut de la page 8, caractères qui se retrouvent imprimés, de travers à la page 7, ceci venant d’une petite perforation du papier au moment de l’impression). Petite restauration en marge inférieure du feuillet 235/236 mais sans perte de texte. Quelques rousseurs claires sur le frontispice et la page de titre, le reste du volume étant très frais et sans rousseurs.

ÉDITION RECHERCHÉE ET TRÈS CURIEUSE.

Elle contient en effet des réflexions très libres et très satiriques qui accompagnent chaque conte. Ces réflexions sont attribuées, par certains bibliographes à David Durand (d’après Barbier mais sans certitude), par d’autres, à l’éditeur J.Fréd. Bernard lui-même (d’après Brunet), ou encore à Lenglet du Fresnoy (d’après Paul Lacroix).

La traduction de ces contes est certainement du XVIe siècle ; c’est à tort qu’on l’attribue, dans plusieurs catalogues, à Julien Macho, moine augustin, qui vivait à Lyon sur la fin du XVe siècle, et qui n’a réellement traduit qu’un très-petit nombre de morceaux du Pogge, insérés dans le volume intitulé : Fables d’Esope, d’Aviénus, d’Alphonse et du Pogge, traduites par frère Julien, des Augustins de Lyon, docteur en théologie. » Lyon, Martin Huez et Jean Schabeller, 1484, le 15 mai, in-fol. Il est bien plus probable que la traduction réimprimée en 1712 est celle qui parut sous ce titre : « Les facéties de Pogge, translatées du latin en françois. » Paris, Jean Bonnefons, 1549, in-4 ; ou sous ceux-ci : « Contes facétieux du Pogge, Florentin, traduits en françois ». Lyon, 1558 ; Paris, 1574, in-16 ; « Les comptes (contes) facétieux et joyeuses récréations du Pogge, Florentin, traduits du latin en françois ». Paris, Cousturier, 1605, in-16. (toutes ces éditions sont fort rares).

Il n’y a que 73 contes dans cette édition de 1712 contre 80 dans les traductions précédentes. Ces informations sont extraites du Dictionnaire des Anonymes de Barbier, qui n’avait pas réussi à ce procurer une seule des éditions citées dans cette note.

Provenance : De la bibliothèque Henriette de Paniagua, avec son ex libris armorié gravé (ex libris gravé par l’atelier parisien de Stern à la fin du XIXe siècle). De la bibliothèque d'une femme bibliophile avisée qui visiblement n'était pas effrayée par le libertinage.

Référence : Un exemplaire relié par Hardy-Mennil au milieu du XIXe siècle était coté 120 francs au catalogue de la librairie Auguste Fontaine en 1878-1879, n°1064. On suit par ailleurs la destinée de l'exemplaire en maroquin rouge de Derome (XVIIIe siècle) de Pixéricourt, puis du Baron Taylor, puis d'O. de Béhague, puis enfin De Backer (n°2980 - vendu 280 francs en 1927). Nous n'avons pas trouvé d'exemplaires en reliure de l'époque.

Joseph Thouvenin l’aîné fut, de 1813 à 1834, la figure dominante de la reliure parisienne et, dès sa mort, il a pris un rang éminent dans l’histoire de la reliure française. Formé auprès d’un des relieurs les plus réputés du Premier Empire, il s’établit en 1813 et se voua dès lors constamment à perfectionner son savoir-faire dans la reliure proprement dite et dans la dorure sur peau. Très vite, il acquit une grande notoriété par la rigueur de sa technique et par la nouveauté de ses décors qui rompaient avec l’ornementation néo-classique de ses prédécesseurs immédiats. Nous avons ici un exemple de reliure très sobre qui indique sans doute une réalisation des premières années, exemptes des décors à la plaque et autres ornements à froid typique de la période qui suivra. On est certainement ici encore dans une période où l’influence de Bozérian, dont il fut l’élève, est encore très présente sur le décor des reliures. Cette reliure a sans doute été exécutée avant 1830.

BEL EXEMPLAIRE DE CE CURIOSA RARE ET RECHERCHÉ, PARFAITEMENT ÉTABLI PAR JOSEPH THOUVENIN.

Prix : 2.000 euros

lundi 6 juillet 2009

Une très rare édition des Satires de Boileau (1668) en maroquin du XIXe siècle signé de Charles Allô.



BOILEAU DESPREAUX (Nicolas)

SATIRES DU SIEUR D***.

A Paris, chez Louis Billaine, Denys Thierry, Frédéric Léonard et Claude Barbin. M. DC LXVIII. (1668).

1 volume in-8 (177 x 118 mm – Hauteur des marges : 173 mm) de 1 feuillet blanc, 1 feuillet de frontispice imprimé au verso uniquement, 1 feuillet de titre avec un grand fleuron gravé sur bois, 3 feuillets non chiffrés « Le libraire au lecteur », 76 pages pour les Satires, 1 feuillet pour le privilège (imprimé au recto seulement), 1 feuillet blanc et 6 feuillets non chiffrés pour le Discours sur la Satire.

Reliure plein maroquin rouge carmin, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, double-filet doré sur les coupes, large dentelle dorée et filets en encadrement intérieur des plats, tranches dorées sur marbrure (reliure du Second Empire exécutée vers 1870, signée ALLÔ). Exemplaire parfait.


TROISIÈME ÉDITION ORIGINALE DE TOUTE RARETÉ.

Cette édition est augmentée des Satires VIII et IX et du Discours sur la Satire. Elle est si rare, écrivait Rochebilière dans le catalogue raisonné de sa bibliothèque d’éditions originales des classiques français, que M. Berriat-Saint-Prix n’avait pu en découvrir d’exemplaire et qu’elle manquait également à M. Walckenaer. L’exemplaire Rochebilière, dérelié, était incomplet d’un feuillet. Le frontispice est le même que celui de l’édition de 1666.

Références : Tchémerzine-Scheler I, 738 « édition fort rare, elle contient les satires I à IX et le Discours sur la satire. » il semblerait que notre exemplaire soit celui cité par Tchémerzine pour les prix avant 1918, Morgand, maroquin (Allô), 30 francs ; Rochebilière, 171. Le Bulletin de la librairie Morgand ne listait pourtant aucun exemplaire de cette très rare édition (1876-1904), peut-être cet exemplaire a-t-il figuré dans les Répertoires méthodiques de cette même librairie (que nous n’avons pu étudier de manière exhaustive).

Provenance : Hormis une ou deux cotes de librairie au crayon sur les gardes (dont sans doute celle de la librairie Morgand que nous croyons reconnaître), ce volume est resté vierge de toute marque d’appartenance.

SUPERBE EXEMPLAIRE, PARFAITEMENT ÉTABLI AU XIXe SIÈCLE PAR CHARLES ALLÔ.

VENDU

Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, 1782. Très rare tirage "B", en reliure de l'époque.



CHODERLOS DE LACLOS (Pierre)

LES LIAISONS DANGEREUSES, OU LETTRES recueillies dans une Société, et publiées pour l’instruction de quelques autres. Par M. C….. de L… Première (Deuxième, Troisième et Quatrième) partie.

A Amsterdam, et se trouve à Paris, chez Durand Neveu, libraire, à la Sagesse, rue Galande. M. DCC. LXXXII. (1782).

4 parties reliées en 2 volumes in-12 (170 x 100 mm – Hauteur des marges : 164 mm) de 248 ; 242 ; 231 et 257 pages. Pour chaque partie, le faux-titre ainsi que le titre sont compris dans la pagination.

Reliure pleine basane fauve marbrée, dos à nerfs ornés, tranches citron, gardes marbrées, filet à froid en encadrement des plats (reliure de l’époque). Quelques défauts d’usage et quelques restaurations anciennes aux reliures (petite fente du cuir au bas du dos du premier volume, mors partiellement fendus/fendillés, charnières intérieures en bon état, ensemble solide). Quelques nouvelles restaurations (mors) à prévoir. Intérieur frais. Bordure des premiers et derniers feuillets de chaque volume avec une légère trace de décharge marron clair (déteinte du cuir des contreplats). Collationné complet.


ÉDITION ORIGINALE DE TIRAGE « B » (Max Brun).

Édition parue immédiatement après le premier tirage « A » (Max Brun) et dont on a corrigé les fautes.

VÉRITABLE DEUXIÈME ÉDITION ORIGINALE d'après son découvreur, G. WILLERMETZ, conservateur de la B.N., qui l'a analysée dans Le Bulletin du Bibliophile, 1957, pages 45 et suivantes d'après le seul exemplaire alors connu acheté par la B.N. (exemplaire vendu jadis par Camille BLOCH en 1928, décrit mais mal classé par TALVART, 1950 pages 299-300).


Max Brun en possédait un exemplaire qu’il a cité dans son étude parue dans le Bulletin du Bibliophile, 1958, page 64. Notre exemplaire est en tout point conforme à sa description de l'édition « B » (étude reprise dans Le Livre et l'Estampe, 1963, pages 10, suivantes et 42).

Cette deuxième édition est une des deux seules avouées par l'auteur qui y consentit le 21 avril 1782, vu l'énorme succès remporté par l'ouvrage paru au début du mois à 2.000 exemplaires. Imprimée hâtivement (des erreurs s'y sont glissées et certains cahiers proviennent du tirage A , elle fut cependant corrigée, notamment les fautes signalées à l'erratum de A , plus quelques rectifications. M. BRUN souligne que B est une impression nouvelle des Liaisons et ne provient pas d'une modification du premier tirage « A ». M. BRUN l'a dite « très rare » et WILLEMETZ la proclamait « rarissime ». Après l'originale, c'est la seule des 16 éditions et contrefaçons de 1782 à rechercher en priorité.


"Bible du libertinage pour certains, le livre s'impose surtout comme chef-d’œuvre du roman d'analyse, comme un des romans les plus abstraits et les plus intelligents. Aussi l'audace des Liaisons Dangereuses ne consiste-t-elle ni dans la débauche facile au langage cru, ni dans la perversité au premier degré ou la jouissance de faire le mal propre à Sade, mais dans l'art de dire ou plutôt de l'écrire pour un connaisseur admiratif et un peu vexé, placé en position de voyeur comme le lecteur"

(Laurent Versini, BnF, En français dans le texte , n° 174).

Ce roman épistolaire retrace les aventures amoureuses de la marquise de Merteuil et de son ancien amant, le vicomte de Valmont. La marquise, voulant se venger d’un amant infidèle alors promis à la fille d’une cousine, Cécile de Volanges, fait en sorte que le Vicomte déshonore cette dernière avant le mariage. Ce que le Vicomte accomplit, alors même qu’il tente de séduire une femme reconnue pour sa vertu : la présidente de Tourvel. Celle-ci tente de rester fidèle à son époux mais le Vicomte parvient à la piéger pour la faire mourir d’amour. Cécile de Volanges, quant à elle, est amoureuse du chevalier Danceny, son maître de solfège. Mais, la marquise de Merteuil le prend pour amant, par toutes sortes d'intrigues. Elle provoque ainsi un duel entre le Vicomte de Valmont, qui cherche à retrouver ses faveurs - déstabilisé par ses mésaventures dues à Cécile de Volanges et Tourvel -, et le jeune chevalier Danceny, qui parviendra à tuer le Vicomte, tourmenté de regrets d’avoir condamné la présidente de Tourvel. Il remet alors au chevalier toute la correspondance qu’il a tenue avec la marquise de Merteuil afin que celle-ci soit révélée non comme une femme des plus vertueuses de tout Paris, ainsi qu'elle le laissait croire, mais comme une dangereuse intrigante.

Référence : Max Brun, Bibliographie des éditions des Liaisons Dangereuses portant le millésime de 1782.

Provenance : Notre exemplaire, hormis un numéro d’ordre « 467 » à la plume sur la garde blanche des deux volumes, ne contient aucune autre marque de provenance.

Résultats : L’exemplaire Jacques Guérin, également du tirage « B », relié en 4 volumes en basane de l’époque, a été adjugé 53.000 francs (soit environ 8.000 euros), le 28 juin 2000, chez Tajan (Paris). Un exemplaire du tirage « A », relié en 2 volumes, veau époque, a été adjugé dernièrement 31.000 euros chez Christie’s Paris (lot 7, vente du 25 juin 2009 – sur une estimation à 3/5.000 euros).

TRÈS BON EXEMPLAIRE EN RELIURE STRICTEMENT DE L'ÉPOQUE DE CE CHEF D’ŒUVRE DE LA LITTÉRATURE ROMANESQUE DU XVIIIe SIÈCLE.

VENDU

mercredi 17 juin 2009

La meilleure édition ancienne des Oeuvres de Scarron (1752). Superbe exemplaire en maroquin XIXe de David.



SCARRON (Paul)

ŒUVRES DE MONSIEUR SCARRON. Nouvelle édition revue, corrigée et augmentée de quantité de pièces omises dans les éditions précédentes.

A Amsterdam, chez J. Wetstein, 1752.


7 volumes petit in-12 (138 x 85 mm – Hauteur des marges : 133 mm) de 350 à 600 pages par volume environ (collationné complet). 1 portrait et 6 frontispices de Du Bourg gravés par Folkema. 7 fleurons de titres à l’eau-forte (le même répété).

Reliure maroquin bleu nuit, dos à nerfs richement décoré aux petits fers dorés pointillés, triple-filet doré en encadrement des plats, dentelle dorée en encadrement intérieur, double-filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrure (reliure de la fin du XIXe siècle signée DAVID dans la dentelle intérieure). Exemplaire en excellent état. Petite trace de choc sans gravité sur la coupe supérieure du premier volume.


TRÈS JOLIE ÉDITION.

C’est la meilleure et la plus complète des éditions anciennes de ce poète burlesque. Elle a toujours été préférée à celle qui la précède et publiée chez le même éditeur mais en 10 volumes, en 1737. Les gravures sont les mêmes pour les deux éditions, ici en second tirage.

Références : Magne, 403 ; Cohen, 945-946 ; Tchémerzine V, 742.


SUPERBE EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ PAR DAVID A LA FIN DU XIXe SIÈCLE.

Prix : 3.500 euros

Nous proposons par ailleurs et dans la même reliure le Virgile Travesty et le Romant comique de Scarron dans les éditions annexées à la collection des Elzévier. Les deux ouvrages peuvent être acquis séparément (voir fiches) ou ensemble pour le prix de 4.000 euros. Nous contacter.

Les personnes désireuses de posséder un superbe ensemble d’éditions anciennes de Scarron pourront acquérir l’ensemble des trois éditions proposées, à savoir les Œuvres de 1752 (7 volumes), le Romant comique (2 volumes) et le Virgile Travesty (2 volumes), pour un prix d’ensemble de 7.000 euros. L’ensemble alors proposé représente une opportunité rare de collecter le meilleur du poète Scarron dans un ensemble de reliures homogènes en parfaite condition.

Paul Scarron : Le Roman comique (1662-1663). Maroquin du XIXe siècle signé Champs.



SCARRON (Paul)

LE ROMANT COMIQUE de Monsieur SCARRON. Première et deuxième partie.

Suivant la copie imprimée, A PARIS, 1662-1663. [Hollande, Amsterdam, A. Wolfgang].

2 volumes petit in-12 (138 x 80 mm – Hauteur des marges : 131 mm) de (8)-256 et (6)- 279 pages, avec un joli frontispice d’après Veenbieysen en taille-douce en tête du premier volume.

Reliure maroquin bleu nuit, dos à nerfs richement décoré aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, dentelle dorée en encadrement intérieur, double-filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrure (reliure de la fin du XIXe siècle signée CHAMPS dans la dentelle intérieure). Exemplaire en parfait état.


TRÈS JOLIE ÉDITION.

Cette édition se joint à la collection des Elzévier. Le Roman comique a paru pour la première fois en 1655. Elle contient les deux seules parties sorties de la plume de Scarron. Les suites ne sont pas de lui.

Références : Tchémerzine-Scheler V, 718 ; Magne, 265. Brunet, 1784.

SUPERBE EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ PAR VICTOR CHAMPS A LA FIN DU XIXe SIÈCLE.

Prix : 2.000 euros

Nous proposons par ailleurs et dans la même reliure le Virgile Travesty de Scarron dans l’édition de 1668 qui se joint également à la collection des Elzévier. Les deux ouvrages peuvent être acquis ensemble pour le prix de 4.000 euros l’ensemble. Nous contacter.

Le Virgile travesty de Paul Scarron (1668). Collection des Elzévier (Abraham Wolfgang). Magnifique exemplaire en maroquin de Champs.



SCARRON (Paul)

LE VIRGILE TRAVESTY EN VERS BURLESQUES de Monsieur SCARRON. Revu et corrigé.

Suivant la copie imprimée A PARIS, 1668. [Hollande, Amsterdam, A. Wolfgang].

2 volumes petit in-12 (138 x 80 mm – Hauteur des marges : 134 mm) de 372 et 307 pages, y compris les titres, frontispices et les 8 gravures hors-texte en taille-douce.

Reliure maroquin bleu nuit, dos à nerfs richement décoré aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, dentelle dorée en encadrement intérieur, double-filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrure (reliure de la fin du XIXe siècle signée CHAMPS dans la dentelle intérieure). Exemplaire en parfait état.


TRÈS JOLIE ÉDITION ILLUSTRÉE.

Un charmant frontispice est répété en tête de chaque volume et les titres sont ornés de la marque au Quaerando. Les huit charmantes figures hors-texte (de P. Lochon) sont imitées de celles présentes dès la première édition in-4 (1648-1659). Les figures sont ici d’un excellent tirage.

Cette édition se joint à la collection des Elzévier : Elle contient huit livres c'est-à-dire tout ce que Scarron a donné de cet ouvrage.

Références : Tchémerzine-Scheler V, 715 ; Brunet V, 185 ; Gay, 1362 ; Graesse VI, 292 ; Magne, 269.


SUPERBE EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ PAR VICTOR CHAMPS A LA FIN DU XIXe SIÈCLE.

Prix : 2.500 euros

Nous proposons par ailleurs et dans la même reliure le Romant comique de Scarron dans l’édition de 1662-1663 qui se joint également à la collection des Elzévier. Les deux ouvrages peuvent être acquis ensemble pour le prix de 4.000 euros l’ensemble. Nous contacter.

lundi 15 juin 2009

Les Mémoires de d'Artagnan par Gatien Courtilz de Sandras (1701-1715). Le roman historique qui inspira Dumas pour ses Trois mousquetaires.



GATIEN COURTILZ DE SANDRAS (1644-1712)

MÉMOIRES DE Mr. D’ARTAGNAN, Capitaine Lieutenant de la première Compagnie des Mousquetaires du Roi, Contenant quantité de choses particulières et secrettes qui sont passées sous le règne de Louis le Grand. Tome premier, deuxième et troisième (complet).

A Amsterdam, chez Pierre de Coup, 1715. Le titre du tome troisième est à la date de 1701 et porte l’adresse « A Cologne, chez Pierre Marteau. », mais c'est le premier volume qui est de l'édition de 1701 et les deux autres de l'édition de 1715 qui en est la réimpression fidèle.

3 volume grand in-12 (160 x 105 mm) de (8)-564-(15) ; 636-(12) et 598-(16) pages. Titres imprimés en rouge et noir, portraits ajoutés (voir le détail ci-dessous).

Reliure maroquin à grain long chocolat, dos à nerfs, caissons encadrés d’un triple-filet doré, titre, tomaison et millésime dorés au dos, triple-filet doré en encadrement des plats, filet doré sur les coupes, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, tranches dorées (fine reliure du milieu du XIXe siècle, non signée). Exemplaire en parfait état de conservation. La reliure est d’une fraîcheur éblouissante. L’intérieur est frais avec de très rares rousseurs claires par endroit.

La reliure n'est pas signée... mai ce ne peut être qu'un oubli étant donné la qualité du travail de reliure et de dorure réalisé, attribuable à un des grands ateliers du second Empire, sans aucun doute.


NOUVELLE ÉDITION.

« Pierre de Coup vend les Mémoires de Mr. d'Artagnan, qu'il vient de réimprimer en trois vol. in-12. Quoique ces Mémoires portent le nom de M- d'Artagnan, & qu'il parait dans le Livre que c'est lui qui en est l'Auteur ; on doit (avoir qu'ils nous sont venus d'une autre main que de la sienne, & qu'on s'est seulement servi de son nom pour coudre ensemble plusieurs choses ou fausses, ou arrivées à différentes Personnes. Cela n'empêche pas que la lecture de ces Mémoires ne soit intéressante, &- même instructive. » (Nouvelles littéraires, La Haye, 1715, p. 32)

L’auteur, lui-même mousquetaire du roi, quitta l’armée au bout de dix-huit années de service pour devenir polygraphe et vivre de sa plume. Il a fourni aux libraires de Hollande de très nombreux romans pseudo-historiques. Auteur fécond et imprudent, il est emprisonné plusieurs fois à la Bastille.

De la vie de d'Artagnan qu’il a pu connaître assez bien, car il fut enfermé à la Bastille alors que Besmaux, ex-compagnon de d’Artagnan, en était Gouverneur, Courtliz a tiré un récit où le vrai se mêle au faux : il s'agit des Mémoires de M. d'Artagnan, publiées en 1700 (soit vingt-sept ans après la mort du héros gascon), dont s'est à son tour inspiré Alexandre Dumas pour Les Trois Mousquetaires et pour Vingt Ans après.

À plusieurs reprises d'ailleurs, Courtilz a écrit à la première personne les mémoires des autres, celles du marquis de Montbrun ou de M. de Rochefort. On a beaucoup dénigré son style, qui est pourtant vif et picaresque.

Alexandre Dumas, plus d’un siècle plus tard, en a fait le héros gascon que l’on sait, dans un livre Les Trois Mousquetaires (1844) au destin non moins glorieux. Dumas aurait fait connaissance avec D’Artagnan à la bibliothèque de Marseille où il est venu emprunter un ouvrage intitulé Mémoires de M. d’Artagnan de Gatien Courtilz de Sandras. Ces mémoires apocryphes constituent sa première source d’inspiration. Il y découvre son futur héros, mais aussi de nombreux autres protagonistes, des aventures déjà pittoresques, des anecdotes sur l’époque qu’il va utiliser et transformer avec sa verve et son sens de l’imagination. La contribution de Courtilz de Sandras à l’écriture des Trois Mousquetaires ne s’arrête pas avec ses Mémoires de M. d’Artagnan. Dumas a aussi lu ses mémoires du Duc de Rochefort ou Mémoires de M.L.C.D.R. Dans ces dernières, il a trouvé un détail qu’il va brillamment exploiter : le marquage à l’épaule avec la fleur de lis, réservé aux personnes autrefois condamnées aux galères. Il en fera le signe distinctif de sa Milady.

« Trois écrivains de valeur très inégale ont collaboré aux Trois Mousquetaires : Gatien de Courtilz pour le scénario et l’intrigue ; Maquet pour la rédaction grossoyée, le brouillon et en quelque sorte la maquette (sans jeu de mots) ; Alexandre Dumas pour l’animation du récit et les dialogues, la couleur, le style, la vie. » (Henri d’Alméras)

Notre exemplaire présente la particularité d’avoir été relié au XIXe siècle de manière homogène, alors que le premier tome est de l’édition de 1701 (son titre a été placé par erreur au troisième volume). Les deux autres volumes étant bien de l’édition de 1715. Nous déduisons cela du fait que le matériel typographique est identique pour les volumes II et III (même bandeau gravé sur bois en tête du volume et mêmes caractères utilisés). Le volume I, bien que d’une typographie très proche, diffère cependant par quelques ornements, il doit appartenir à l’édition de 1701 bien que nous n’ayons pu le vérifier sur un autre exemplaire (les collations exactes pour cet ouvrage font défaut la plupart du temps dans les notices des catalogues des dépôts publics consultés). L’édition de 1715 n’étant qu’une réimpression mot pour mot de l’édition en trois volumes donnée en 1701 chez Pierre Marteau, le texte est donc identique et se suit parfaitement dans notre exemplaire, malgré la différence d’édition.

Exemplaire truffé de plusieurs portraits de personnages historiques cités dans le texte. On y trouve donc : Richelieu, Louis XIII, Turenne, Mazarin, Gaston d’Orléans, le grand Condé, Saint-Evremond, la reine Christine, le prince de Conti, Louis XIV, le cardinal de Retz, La grande Mademoiselle, de La Rochefoucauld, Fouquet, Henri IV, le duc de Vendôme, Louvois, Philippe II, Louis de France grand dauphin, Madame de La Valière, Louis XI, Ninon de Lenclos, Colbert, soit 23 portraits ajoutés, la plupart gravés au XIXe siècle et quelques-uns du XVIIIe.

Ces Mémoires de d’Artagnan, bien que souvent réimprimés en peu d’années au commencement du XVIIIe siècle, sont assez difficiles à trouver complets des trois volumes et bien reliés, comme ici.

Provenance : Aucune marque d’appartenance.


SUPERBE EXEMPLAIRE, FINEMENT ÉTABLI SOUS LE SECOND EMPIRE PAR UN BIBLIOPHILE AVISÉ.

VENDU

Girolamo Savonarola ou le fou de dieu. Très rare édition parisienne du Triomphe de la croix de Savonarole par Josse Bade (Badius Ascensius), en 1524.



SAVONAROLE [en italien Girolamo Savonarola, né à Ferrare, le 21 ou le 24 septembre 1452 et mort sur le bûcher à Florence, le 23 mai 1498]

Triumphus Crucis, De veritate fidei || Fra. Hieronymi de Ferraria praedica||toris. [Marque de Josse Bade – Prelum Ascensianum] || Venundatur in aedibus Ascensianis.

Colophon : FINIS. RURSUM In Typographia Ascen=||siana, Calendis Decemb.MDXXIIII. (1524).

1 volume petit in-8 (15 x 10,5 cm) de 116 feuillets non chiffrés y compris le titre. Sign. A-0 par 8, P par 4. Le dernier feuillet qui termine le cahier P est blanc. Collationné complet. Belle marque de Badius Ascensius à pleine page au premier feuillet. 31 lignes par page.

Reliure moderne en plein parchemin rustique à l’ancienne, titre calligraphié à la plume au dos. Intérieur frais avec quelques rousseurs et taches claires sans gravité. Exemplaire ayant conservé de bonne marge et non lavé. Impression en caractère romain.


PREMIÈRE ÉDITION PARISIENNE DE JOSSE BADE, QUE L'ON PEUT TROUVER RÉELLEMENT, DU TRIOMPHE DE LA CROIX DE SAVONAROLE.

Josse publia Savonarole pour la première fois en février 1510, avec le De simplicitate vitae christianae, partagé avec Jean Petit et Henri Jacobi, et Introductorium confessorum, partagé avec les mêmes. Fin novembre de la même année, il donne Expositio orationis dominicae, partagé avec Berthold Rembolt. Le De simplicitate vitae christianae est réimprimé dès fin mai 1511, comme Expositio orationis dominicae réimprimé vers Pâques 1517.

Renouard donne trois éditions du Triumphus crucis par Josse Bade, une première dont on ignore la date, qui a dû précéder celle de 1523, une deuxième, uniquement citée par Brunet dans son Manuel du libraire et datée du 1er septembre 1523 (Brunet V, 161). Une troisième édition, enfin, celle que nous présentons ici, du 1er décembre 1524. Des deux premières, aucune localisation n’a pu être fournie par Renouard. De la troisième il a pu en localiser un exemplaire à la Bibliothèque Nationale (Paris), un exemplaire dans la bibliothèque Victor Cousin et un autre à la bibliothèque d’Amiens. La British Library en possède un exemplaire ainsi que la ville de Tournai. Aucun autre exemplaire localisé en 1908 par Renouard. Depuis la bibliothèque de Tours (Les bibliothèques Virtuelles Humanistes, Centre d'Études Supérieures de la Renaissance) en possède également un exemplaire aux armes de De Thou. La bibliothèque de Rouen en possède un exemplaire inséré dans un recueil factice.


Les éditions des écrits de Savonarole par Josse Bade ont la particularité d’avoir été imprimée dans le format in-8, peu fréquent chez cet éditeur qui avait l’habitude d’imprimer au format in-4 ou in-folio. On n’en dénombre environ 70 seulement.

Également appelé Hieronymus Savonarola ou encore Girolamo Savonarole, il est connu pour ses réformes religieuses, ses prêches anti-humanistes, son bûcher des vanités où disparurent de nombreux livres et de nombreuses œuvres d’art. Il prêcha de façon véhémente contre la corruption morale du clergé catholique, sans toutefois remettre en cause le dogme.

Différemment considéré par les uns et par les autres, la figure de Savonarole ne laisse en tous les cas pas indifférent. « Fou de dieu » ou « Précurseur de la réforme », « Hérétique » ou « Saint » pour les autres, Savonarole fascine les esprits jusqu’à aujourd’hui.

Son Triomphe de la croix, publié à Paris en latin par Badius Ascensius pour la première fois en 1523-1524, est un texte qui initiait le lecteur au pressentiment que le monde en était à son dernier âge et le mettait en devoir d’être vigilant, dans tous ses instants, face à l’annonce de la venue des faux prophètes et de l’Antéchrist. Il est intéressant de rappeler que justement dans les années 1520, un prédicateur dominicain du nom de Santo Pagnini, disciple de Savonarole, pratiquait activement, à Lyon, la prédication antiluthérienne. Le premier XVIe siècle est un temps de frémissements, de tremblements devant l’imminence de la venue de Dieu. Lire à ce sujet l’intéressant ouvrage de Denis Crouzet, Les guerriers de Dieu.


Localisation : Aucun exemplaire des deux impressions datées de 1523 ne semble avoir subsisté, on n’en trouve aucune trace dans les dépôts publics (sauf erreur de notre part). On ne trouve en France que 4 exemplaires de l’édition de 1524 dans les dépôts publics (Amiens – Tours – BNF – Rouen).

Références : Adams S-522 ; Moreau III, 746 ; Renouard, Imprimeurs, 544 ; Renouard, Badius, 249-3 ; Giovannozzi, Savoranola, 254. Girolamo Savonarola, Il trionfo della croce, n°XIII (qui ne cite pas les 2 autres éditions de 1523).

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE PETIT LIVRE TRÈS RARE.

Prix : 4.000 euros

dimanche 14 juin 2009

Alexandre Dumas. La tulipe noire, Rarissime édition originale in-8. Reliure demi-maroquin signée Hiltbrunner.



ALEXANDRE DUMAS

LA TULIPE NOIRE par ALEXANDRE DUMAS.

Paris, Baudry, libraire-éditeur, s.d. (1850).


3 volumes in-8 (223 x 145 mm) de (4)-513 pages et 1 feuillet de table pour le premier volume ; 504 pages et 1 feuillet de table pour le second volume et (4)-(4)-316 pages et 1 feuillet de table. Les feuillets de faux-titre et de titre du second tome ont été reliés par erreur en tête du troisième, devant le faux-titre et le titre du troisième volume, bien présent. Un faux-titre de chapitre (VII) et un feuillet de texte (pp. 163/164) également mal placés au tome second.

Reliure demi-maroquin à grain long lie de vin avec coins, dos à quatre nerfs plats et larges soulignés de filets dorés, auteur, titre et tomaison dorés au dos, tête dorée, exemplaire relié sur brochure, à toutes marges, non rogné (ébarbé) ; gardes de papier marbré, couvertures jaunes imprimées conservées (premier plat conservé pour les trois volumes et deuxième plat conservé uniquement pour le troisième volume – très propres), exemplaire probablement lavé et réencollé au moment de la reliure.

Reliure du XXe siècle signée HILTBRUNNER.

Outre les erreurs de placements de feuillets citées plus haut, on signale une petite restauration angulaire et marginale sans atteinte au texte à trois feuillets (deux petites déchirures réparées et un petit manque angulaire de papier loin du texte). Quelques rousseurs éparses, notamment plus marquées au faux-titre et au titre du troisième tome, prouveraient que l’exemplaire n’a pas été lavé pourtant le papier est parfaitement lisse et blanc, ce qui indiquerait le contraire. Exemplaire parfaitement et finement établi.


ÉDITION ORIGINALE RARISSIME.

En 1672, le peuple de Hollande renverse la république des frères Jean et Corneille de Witt pour rétablir le stathouderat et le confier à Guillaume III d'Orange-Nassau. Indifférent à ces événements politiques, le filleul de Corneille de Witt, Cornélius van Baërle, ne songe qu'à fabriquer une tulipe noire, pour laquelle la Société horticole de Haarlem a promis une récompense de cent mille florins. Son projet sera contrarié par l'accusation de trahison qui pèsera contre lui et par les stratagèmes d'un voisin envieux, Isaac Boxtel. Cependant, l'espoir de voir cette quête aboutir renaîtra quand Cornélius rencontrera la belle Rosa.

« Extrêmement célèbre, ce remarquable ouvrage est considéré comme un récit à part dans l'œuvre de Dumas. En effet, contrairement à la plupart de ses romans, l'intrigue y est d'une grande simplicité. Elle met en scène un nombre réduit de personnage et une héroïne bien singulière: une fleur... » in Alexandre Dumas, Deux siècles de littérature vivante, par Nicole Vougny

« La Tulipe noire est un Dumas rare ; d’abord parce que bien peu des amateurs du père des Trois mousquetaires ont pu le lire ; ensuite et surtout, parce que, pourrait-on dire, c’est un roman intimiste. En effet, ici pas de chevauchées débridées, pas de lieux multiples, pas d’intrigues entremêlées ; tout, ou presque, se passe entre les murs des prisons de Cornélius. » (source internet)

« Toutes les éditions originales d’Alexandre Dumas en format in-8 sont rares. Leurs exemplaires, lus et relus, maniés le plus souvent par des mains peu soigneuses, leur état, broché, laisse d’une manière générale beaucoup à désirer. » Clouzot, p. 94.


Très rares sont les exemplaires passés en vente en France ou à l’étranger ces dernières années. Voici quelques résultats issus de l’argus du livre de collection Artprice.

- Exemplaire de la bibliothèque Robert Fleury, vente Tajan (17 et 18 avril 1997), exemplaire en demi-basane verte de l’époque, adjugé 48.000 francs soit environ 7.400 euros.
- Exemplaire défectueux relié en 2 volumes vers 1880 dans une simple reliure demi-percaline rouge, non rogné, adjugé en 1986, 7.500 francs soit environ 1.150 euros.
- Exemplaire relié en demi-maroquin bleu foncé (Garidel), non rogné, avec couvertures, adjugé en 1989, 25.000 francs soit environ 3.800 euros.
- Exemplaire Charles Hayoit dans une demi-reliure de maroquin à coins signée V. Champs (vers 1880), avec les couvertures de remise en vente bleues à la date de 1851 (état inconnu des bibliographes), adjugé en 2001, 38.000 francs soit environ 5.800 euros.

Nous n’avons pas trouvé d’autres exemplaires passés récemment en vente publique.

Référence : Clouzot, Guide du bibliophile français, p. 102.


TRÈS BEL EXEMPLAIRE, FINEMENT RELIÉ, DE CE TITRE RARE DE DUMAS PÈRE.

VENDU

samedi 13 juin 2009

Guillaume Apollinaire. Le poète assassiné (1916) dans une fine reliure doublée de maroquin de SEMET & PLUMELLE.



GUILLAUME APOLLINAIRE

LE POÈTE ASSASSINÉ.

Paris, L'édition, Bibliothèque des curieux, 1916.

1 volume in-8 (19 x 12,5 cm) de 316 pages.


Reliure maroquin rouge sang doublé de maroquin noir janséniste, dos à nerfs saillants, auteur, titre et millésime dorés au dos, doublure encadré d'un filet doré, tranches dorées sur témoins, non rogné, relié sur brochure avec les deux couvertures et le dos parfaitement conservés, étui bordé de maroquin rouge sang (reliure et étui de la première moitié du XXe siècle signés SEMET & PLUMELLE). Infime frottement sur le dernier nerf au dos.


ÉDITION ORIGINALE DONT IL N'A PAS ÉTÉ TIRÉ DE GRANDS PAPIERS.

Célèbre et fragile couverture illustrée en couleurs par Capiello, ici parfaitement conservée. Avec un portrait de Guillaume Apollinaire blessé, à la tête enveloppée, par André Rouveyre, son ami.

Recueil de seize contes publié durant la convalescence d'Apollinaire, à la suite de sa grave blessure à la tête reçue en mars 1916. Émouvant recueil paru en pleine guerre. Affaibli par sa blessure, Guillaume Apollinaire meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole. L'ouvrage fut salué par André Breton, Jean Cocteau et Philippe Soupault.

Influencé par la poésie symboliste dans sa jeunesse, admiré de son vivant par les jeunes poètes qui formèrent plus tard le noyau du groupe surréaliste (Breton, Aragon, Soupault. Apollinaire est l'inventeur du terme « surréalisme »), il révéla très tôt une originalité qui l'affranchit de toute influence d'école et qui fit de lui un des précurseurs de la révolution littéraire de la première moitié du XXe siècle. Son art n’est basé sur aucune théorie mais sur un principe simple : l’acte de créer doit venir de l’imagination, de l’intuition car il doit se rapprocher le plus de la vie, de la nature. Cette dernière est pour lui « une source pure à laquelle on peut boire sans crainte de s’empoisonner » (Œuvres en prose complètes, Gallimard, 1977, p.49).


Provenance : Exemplaire de la bibliothèque du bibliophile belge Alexandre Daniel, avec son ex libris gravé (vente du 12 mars 1960). Mention du nom A. Daniel au crayon par le relieur au dernier feuillet.


MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE, DANS UNE FINE ET SOBRE RELIURE DOUBLÉE DE SEMET & PLUMELLE, EXÉCUTÉE SPÉCIALEMENT POUR LE BIBLIOPHILE BELGE ALEXANDRE DANIEL.


TRÈS RARE DANS CETTE CONDITION.

Prix : 2.000 euros